Thierry Bizot : Il était une foi

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Qui a envie d’être aimé ? sort ce mois-ci sur les écrans. Le film s’inspire de l’histoire vraie et bouleversante d’un homme du showbiz qui laisse entrer Dieu dans sa vie. Cet homme, c’est Thierry Bizot.

Propos recueillis par Claire Perol

« Jusqu’à l’âge de 44 ans, j’ai été un catho­lique non pratiquant, non communicant, non convaincu », résume Thierry Bizot. Il a suffi de quelques soirées pour qu’il change de vie. Invité par un professeur de son fils à des cours de catéchèse, l’ancien directeur musique de M6 bascule dans une foi vivante. Vibrante même. Il raconte alors cette incroyable aventure intérieure dans Catholique anonyme, grand succès de librairie. Dans quelques jours sort sur les écrans l’adaptation au cinéma de son best-seller. Rencontre.

De quoi parle votre film ?

Du parcours d’un avocat de 40 ans, Antoine, à qui tout réussit, mais qui va, grâce à des catéchèses où il a été invité par hasard, prendre le temps de réfléchir à sa vie. Il va peu à peu ajuster ses relations avec son père, son frère, sa femme, afin de devenir un vrai père pour son propre fils adolescent.

Qu’est-ce qui vous a amené à mettre à l’écrit, puis à l’écran, votre conversion ?

À force de raconter ma conversion, ma femme, puis mon éditeur (Louis Gardel, au Seuil) m’ont invité à écrire cette histoire. Le film, c’est ma femme qui a eu envie de l’écrire et de le réaliser, en constatant que ce sujet intéressait, passionnait même les gens à qui on en parlait.

Vous animez un blog. Que s’y passe-t-il ?

J’écris un papier chaque semaine, dans la veine du livre, c’est-à-dire en décrivant mes premiers pas dans la foi, sans révéler ma vie privée, sans commenter l’actualité, mais en me concentrant sur mon cheminement tout simple de chrétien.

Quel est votre principal trait de caractère ?

La curiosité. Je croyais être un vrai trouillard, mais à chaque fois que j’ai l’occasion de faire un pas dans l’inconnu de plus, je suis tenté de le faire. C’est peut-être grâce à cela que je me suis converti.

Le défaut que vous détestez chez vous ?

Ma vanité.

Quelle vertu cultivez-vous ?

L’humilité.

La qualité que vous aimez chez une femme ?

Sa poésie. Sa façon d’être, sa « musique » personnelle, son mystère.

Chez un homme ?

Celle qui me touche, c’est la bonté. Celle que j’admire, le courage.

Le métier dont vous rêviez enfant ?

J’aurais voulu être un artiste ! Une rock star ou un écrivain.

Un rêve accompli ?

Oui et non. Malgré mes quelques livres, je suis plus un auteur qu’un écrivain.

Le talent que vous aimeriez avoir ?

Jouer du piano comme un dieu ! Et être plus à l’écoute des autres.

Le mot que vous détestez le plus ?

Égalité. Ou jupe-culotte.

Votre occupation préférée ?

Un bon déjeuner avec quelqu’un que j’aime, seul à seul, en discutant de sujets intimes.

Le film qui vous a le plus marqué ?

Gran Torino, parce que c’est un film christique et parce qu’il m’a profondément parlé. Le personnage incarné par Clint Eastwood pense qu’il n’a rien à donner et rien à perdre. Or il découvre qu’il a tout à donner et tout à perdre. Il découvre que c’est celui qu’il déteste le plus (son petit voisin asiatique) qui va lui ouvrir le chemin d’un profond changement dans sa vie. C’est un peu ce qui m’est arrivé lors de ma conversion.

La musique qui vous touche ?

Houla ! Vaste sujet… En tête, la pop anglaise avec David Bowie, la chanson italienne et la musique classique.

Votre boisson préférée ?

Un bordeaux rouge, plutôt un Côtes de Graves.

Votre saint préféré ?

Saint Paul m’édifie : il est admirable. Mais c’est saint Pierre qui me touche le plus : c’est un pauvre type et un grand homme.

Que faites-vous le dimanche ?

Du vélo d’appartement, les courses au marché, la messe. Je prépare le déjeuner, le dîner, je prends du bon temps en famille.

La personne qui vous a fait croire en l’homme ?

Jésus.

Celui qui vous a montré le chemin vers Dieu ?

Le professeur de mon fils. C’est pendant une réunion parents-professeurs que nous avons eu une discussion sur la paternité. Il m’a compris, écouté et, un an plus tard, m’a invité à des cours de catéchèse.

C’est ce qui vous a le plus remis en cause ?

Oui. J’avais 43 ans et je me suis rendu compte – avec joie – de ma petitesse. Soulagé du poids d’avoir cru bêtement que j’étais le seul maître de ma vie.

Comment cultivez-vous votre vie intérieure ?

Je me remets en question continuellement. Maintenant, cette recherche permanente est orientée vers Dieu.

Concrètement, cela passe par quoi ?

Je lis l’Évangile tous les matins, je dévore les livres de spiritualité. Je pense à Jésus tout le temps, j’en parle tout le temps. À certains moments, il se laisse voir et cela m’émeut. J’échange avec une moniale par mail une fois par semaine, avec un dominicain avec qui je déjeune souvent. En revanche, je ne suis pas très fort pour prendre des temps de prière…

Votre prière favorite ?

Je vous salue Marie. Quand je lui dis cela, lentement, je la vois qui est là, qui m’écoute. Je ressens à ce moment-là une affection maternelle extrêmement charnelle.

Ce dont vous êtes le plus fier ?

De n’avoir pas trop mal réussi mon couple, pour l’instant (depuis 21 ans) ! Et de ne pas avoir été un trop mauvais père.

Ce que vous voudriez transmettre à Louise, Jacques, et Jeanne, vos enfants ?

La voie du bonheur passe par les autres.

Votre rêve le plus fou ?

Je n’en ai pas… Je vis au jour le jour.

Qui aimeriez-vous le plus rencontrer en tête à tête ?

Jésus. Mais je l’ai déjà rencontré. Je crois que toute rencontre peut être extraordinaire.

Votre devise ?

On trouve son chemin en marchant.

Votre état d’esprit présent ?

Joyeux !

Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter ?

D’être capable de m’abandonner encore plus à la volonté du Christ.

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