Michel et Augustin Les trublions du goût

by administrator

Rencontre. Ces deux copains ont réussi à imposer leurs joyeuses bobines et leurs vaches à boire dans le paysage uniforme de nos supermarchés. Rencontre avec Michel et Augustin, deux personnages qui cultivent le goût de la vie.

Propos recueillis par Claire Perol

Les « bonshommes toqués », tout le monde les connaît sans les connaître. Car derrière les paquets bien marketés de biscuits et les bouteilles de « vaches à boire » se cachent deux jeunes entrepreneurs qui sortent du lot à bien des égards. La recette de leur succès ? Une bonne dose d’humanisme, des kilos de bonne humeur, un soupçon de déglingue, quelques zestes d’authenticité et de passion, le tout saupoudré par un intérêt prononcé pour la gourmandise. Leur coup de fourchette vient chatouiller nos papilles depuis 2004 et égaye les rayons de nos épiceries. Michel et Augustin se livrent en marchant avec équilibrisme entre légèreté et profondeur.

Votre aventure est presque née sur les bancs du collège. Michel et Augustin, une histoire d’amitié ?

Augustin : Oui c’est évident. En process de recrutement je dis souvent qu’une des valeurs fondatrices de cette boîte est l’amitié. Le plus important ici, c’est de prendre plaisir à travailler au quotidien avec l’équipe.

Comment expliquez-vous votre succès ?

Michel : Nos produits sont radicalement différents. Michel et Augustin, c’est une histoire vraie, avec de « vrais gens ». Il y a un échange affectif fort. J’attribue aussi cette réussite au lien que nous tissons avec les consommateurs. Pour nous, c’est l’humain avant tout.
Augustin : Le succès marketing est certainement lié à une démarche passionnée et très personnelle qui n’est que le reflet de ce que nous sommes. Nous ne faisons pas des produits pour faire plaisir aux gens, mais des produits qui nous plaisent et donc qui plaisent à d’autres.

Vous êtes plutôt « vache à boire » ou « vache en pot » ? Plutôt solo ou tribu ?

Michel : Vache en pot ! Même si le petit shot de yaourt à boire en solo reste un vrai plaisir à emporter…

Augustin : Vache en pot à la vanille… exceptionnelle. Ce format correspond bien à notre esprit de convivialité, de partage, de gourmandise et de joie de vivre.

Bande, famille, tribu… Des valeurs que vous portez dans votre vie personnelle ?

Augustin : Être partis à deux est révélateur : avant l’amitié, il y a le partage. Et notre idée est de ne pas nous arrêter à deux ! Nous sommes maintenant quarante-deux en interne, sans compter les milliers de consommateurs.

Michel : La meilleure représentation de ce goût de la famille sont nos portes ouvertes le premier jeudi de chaque mois à la Bananeraie (siège de Michel et Augustin, NDLR). C’est pour nous le plaisir de recevoir des amis, des amis d’amis et des inconnus. C’est l’occasion de donner du temps et de partager avec eux la gourmandise, une envie de se faire plaisir, un goût pour les produits naturels.

Vos inspirations ?

Augustin : La philosophie fishmarket, entre autres. Sur le marché aux poissons de Seattle, les poissonniers se sont dits : « On ne peut pas changer notre métier, alors on va changer la façon dont on l’exerce. » Nous sommes tous acteurs de nos vies. Le bonheur dépend de la façon dont on va regarder le monde, malgré nos problèmes. Nous sommes responsables de notre bonheur, qui est aussi une question de volonté. Dans ce sens, notre enthousiasme est un message.

Vos engagements ?

Michel : Pour moi, l’engagement se vit déjà dans l’entreprise quand nous proposons à une équipe de vivre un job passionnant, atypique. Je peux me passionner pour mon travail, c’est possible. Ensuite nous avons des engagements d’entrepreneurs à travers une association qui s’appelle le Bureau d’Ambroise, qui consiste à mettre des « Ambroise » qui montent leur boîte en relation avec des entreprises qui ont des bureaux vides, afin que ces jeunes entrepreneurs soient dans un contexte plus favorable pour se lancer.

Le lien entre votre vie intérieure et votre vie professionnelle ?

Michel : L’apport de ma foi chrétienne se situe surtout dans mon approche du management. Je suis à cet égard également sensible à l’apport de la communication non-violente, qui est un cadre dans lequel j’essaie de me situer pour accompagner les personnes de mon équipe.

Augustin : Dans le collège où nous étions avec Michel, il y avait cette devise : « Un homme et une femme au service des autres. » Pour moi, le temps que l’on peut donner aux autres est très révélateur de l’état d’esprit profond d’une personne. En ce qui me concerne, j’ai fait le choix d’une famille nombreuse. En plus de nos cinq jeunes enfants, nous essayons d’agrandir notre famille en accueillant des gens qui en ont besoin (une personne alcoolique, ou sans abri, ou handicapée) pour un week-end ou une période de vacances. Cette ouverture est un choix engageant.

Votre maître à penser ?

Michel : Saint Paul, notamment quand il déclare : « Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? » Cela me donne un peu le vertige, mais il a raison. Augustin : Bill Gates, par exemple. Le mouvement qu’il a initié est extraordinaire. Redistribuer toute sa fortune au service des autres à travers une fondation est selon moi beaucoup plus efficace qu’un engagement politique. De façon plus personnelle, je pense à Malel, un peintre français. Il fait partie de ceux qui ont contribué à me « sauver », par son charisme d’accompagnement.

Votre conviction ?

Augustin : Le monde irait mieux si individuellement on s’y mettait vraiment, en étant plus généreux et attentif à l’autre.

Ce que l’on peut vous souhaiter ?

Michel : D’autres enfants !

Augustin : Faire le bonheur autour de moi. À commencer par ma famille.

Vous aimerez aussi

Leave a Comment

Vous aimez lire

Renseignez votre adresse email ci-dessous
Vous recevrez ainsi chaque mois L’1visible gratuitement dans votre boîte mail

NON MERCI