MADELEINE TANTARDINI, DIRECTRICE DE LA FONDATION DES MONASTÈRES

by Marie Fawzy

« La Fondation soutient des communautés vivantes, qui habitent des lieux parfois multiséculaires et qui ont vocation à ouvrir leur porte à tous, le temps d’une halte spirituelle ou d’un moment pour se retrouver. Ce sont des choses gratuites, mais infiniment précieuses. » Juriste de formation, Madeleine Tantardini a intégré la Fondation des monastères en 2001. Elle en est la directrice depuis 2010.

PROPOS RECUEILLIS PAR ALEXANDRE MEYER

Quand et par qui la Fondation a-t-elle été créée ? La Fondation des monastères doit son existence au père Jacques Huteau, cistercien de l’abbaye de Bellefontaine dans le Maine-et-Loire. Il est soutenu, dès 1969, par les abbés d’Aiguebelle, de Melleray, de Notre-Dame-des-Neiges et d’Oelen-berg, sans oublier un comité d’honneur de personnalités laïques, présidé par le physicien et académicien Louis Leprince-Ringuet. En 1974, moins de cinq ans après sa création, l’association se transforme en fondation reconnue d’utilité publique.

Quel est le but de la Fondation ?  À la fin des années 1960, on pressent que la couverture sociale des religieux, alors facultative, va progressivement devenir obligatoire, avec des conséquences financières considérables pour les communautés contemplatives jeunes et nombreuses, qui ont très peu de ressources. L’objet de l’association ne doit donc rien au hasard : « Apporter par tous moyens à sa disposition, un concours charitable à toutes les collectivités religieuses de diverses confessions chrétiennes se trouvant en difficulté financière ou autre, et en vue notamment de les aider à se couvrir contre les risques sociaux. »

Quels services concrets rendez-vous aux communautés ? Depuis 1969, le but initial de la Fondation n’a pas changé :  venir en aide aux communautés, quand elles nous le demandent, lorsqu’elles se trouvent en difficulté financière, et toujours dans le domaine social : le financement de leur protection sociale ou l’aménagement d’infirmeries. Mais aussi dans le domaine immobilier : pour la plupart des communautés, le patrimoine immobilier à entretenir et à mettre aux normes représente un sérieux défi.  Et nous sommes aussi là pour les aider dans leurs difficultés juridiques et administratives, inhérentes à leur statut, souvent mal connu.

Quels sont vos projets, comment faites-vous face à la crise que nous traversons ? Nous avons fêté nos 50 ans en 2019 avec confiance.  Certes les communautés sont moins nombreuses qu’il y a 50 ans, mais nous partageons toujours la conviction de Louis Leprince-Ringuet : « L’extraordinaire expansion de la puissance technique appelle un surcroît de gratuité, de vie intérieure, de silence, de prière. Des contemplatifs sont plus nécessaires que jamais à la sauvegarde de l’équilibre et à l’épanouissement de l’humanité. » Si cette crise a impacté les communautés, ce n’est non pas tant à cause du confinement ou du silence qu’elles ont vécu avec naturel et en communion redoublée avec tous ceux qui ont souffert ou souffrent encore, mais en ce qu’elle a eu pour effet de les affaiblir elles-mêmes, et de mettre à mal leurs projets de rénovation, conçus pour toujours mieux accueillir par la mise aux normes de leurs locaux. Leur économie ayant été fragilisée, elles ont perdu en capacité d’autofinancement, et ont d’autant plus besoin de notre soutien. Tous ceux qui sont attachés au monde de la gratuité trouveront sur notre site internet les moyens de les soutenir.  

EN CHIFFRES

3,5 à 4,5 millions d’euros d’aides financières sont attribuées chaque année aux projets des communautés, dont 80 % pour l’entretien du patrimoine et 20% pour les aides sociales. 15 millions d’euros de dons sont transmis aux communautés.

PLUS D’INFOS

https://www.fondationdesmonasteres.org

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