LE CELLIER DE PICPUS – HIVER SOLIDAIRE : LA SOLIDARITÉ EN ACTES

by Alexandre Meyer
 

Le diocèse de Paris s’est mobilisé dès le début de la crise sanitaire en faveur des personnes en situation de précarité. Il déploie son action dans de nombreux domaines pour continuer à accompagner les plus fragiles dans une crise sanitaire sans précédent, doublée d’une crise économique d’une ampleur encore inconnue…

TEXTE ALEXANDRE MEYER – PHOTOS LE CELLIER – JEAN-CLAUDE SCOUPE

LE CELLIER DE PICPUS

L’« Épifree » le Cellier – épicerie sociale, solidaire et gratuite pour les étudiants précaires – a vu le jour en février 2020, à deux pas de la place de la Nation (Paris XIIe). La petite association, soutenue par la conférence Saint-Vincent-de-Paul jeunes, a trouvé sa place dans les locaux de l’aumônerie Campus-Nation, hébergée par la congrégation des « Sœurs de Picpus ». Plateforme de distribution de colis alimentaires ouverte deux samedis par mois, le Cellier « propose un peu de tout : un petit déjeuner, un café, des produits d’hygiène aussi », décrit Marie Bodin, la présidente de l’association. Pour leurs repas, les étudiants désignent directement ce qu’ils veulent sur les étagères : « Nous faisons en sorte de leur donner de quoi manger pour deux semaines. »

Le Cellier de Picpus a été lancé par six étudiantes bénévoles et par le père Pierre Labaste (à droite), futur aumônier du nouveau campus de l’université Paris III – Sorbonne Nouvelle. Chaque mois, le Cellier vient en aide à une quarantaine d’étudiants. De gauche à droite : Joaquin est responsable de la gestion des bénévoles au Cellier, Marie est la présidente de la conférence Saint-Vincent de Paul qui porte l’association, Marie-Laure est trésorière, Corentin est responsable de la gestion des stocks, Guillaume est responsable de pôle et Mathilde est bénévole.

L’épicerie est alimentée par des collectes, des dons et la livraison de produits frais de la Banque alimentaire, assurée par la Société Saint-Vincent-de-Paul, ou les invendus des supermarchés récoltés par la startup Phenix. Pour aider les étudiants bloqués à Paris par la crise, elle a ouvert tout le mois de juillet avant de faire une pause estivale et a repris en septembre sans interruption depuis.

HIVER SOLIDAIRE

La Délégation pour la solidarité du diocèse de Paris a lancé en 2007 l’opération Hiver Solidaire avec le soutien de la Fondation Notre-Dame. Depuis lors, 38 paroisses parisiennes se mobilisent chaque hiver à Paris pour accueillir près de 300 personnes à la rue.

Elles leur offrent un abri, mais aussi la possibilité de reprendre confiance en elles-mêmes, grâce aux relations fraternelles qu’elle pourront établir avec les quelque 3 500 paroissiens bénévoles investis dans cette opération.

SERVIR LE CHRIST

La paroisse Saint-Ambroise (Paris XIe) accueille chaque soir cinq personnes sans abri durant l’hiver. Elle mobilise des médecins référents à appeler en cas de suspicion de Covid-19, des « cuistots » ou veilleurs bénévoles, et tout un chacun pour approvisionner les accueillis en repas chauds et petits déjeuners.
Six jours par semaine, les Sœurs missionnaires de la Charité et près de
150 bénévoles distribuent 500 repas sur le parvis de l’église.
Les lundis et mercredis, 50 étudiants et « jeunes pros » viennent « servir et adorer le corps du Christ », nous explique le père Pascal Nègre, curé de la paroisse. Pendant que les uns prient dans l’église, les autres ont apporté deux portions de leur propre dîner, qu’ils iront partager avec les personnes sans abri du quartier. En un mois, ils les connaissaient tous par leur prénom…

LA SOUPE SAINT-EUSTACHE

Depuis 36 ans, du 1er décembre au 31 mars à 19 h 30, près de 350 bénévoles de La Soupe Saint-Eustache se relaient pour accueillir, préparer et servir un repas à leurs « invités ». Ils en ont servi 13 en 1984… et 30 000 au cours de la dernière campagne sur le parvis de cette église historique du quartier des Halles (Paris Ier). Ils apportent un soutien « matériel » mais aussi moral aux plus démunis : un repas chaud et complet et un sac de provisions et de produits d’hygiène pour le lendemain. Soit 33 tonnes de denrées en tout !

La Soupe ne reçoit aucune subvention et ne vit que de dons. Répartis en sept équipes, 35 bénévoles accueillent les
« invités » chaque soir, tandis que d’autres, dans la journée, se chargent des achats, de la collecte des denrées auprès de 150 partenaires et bienfaiteurs : la Banque alimentaire, des entreprises, des commerçants ou boulangeries du quartier. Femmes, hommes, jeunes, employés, cadres, étudiants, artisans, journalistes, retraités veillent à apporter un peu de chaleur et à rompre la spirale de l’isolement.

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