Virginie Tesson : Le bonheur ça se construit

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Bien-être. Pour beaucoup, le bonheur semble être un objectif difficile, voire impossible à atteindre. Sans doute parce que nous attendons souvent qu’il tombe du ciel. Et si être heureux demandait des choix et des efforts ?

Liberté

La liberté, ce n’est pas « je fais ce dont j’ai envie, comme je le veux et quand je le veux ». C’est faire ma volonté profonde, ce qui est souvent différent de ce dont j’ai envie. Par exemple, si j’ai très rarement envie de faire les courses alimentaires pour ma famille, le plus souvent, je le veux. En effet, je donne sens à ce temps passé à choisir ces denrées. J’ai parfois envie de fumer mais rarement, je le veux. Accéder à son envie aboutit au plaisir, toujours agréable mais éphémère et parfois destructeur. Au contraire, accéder à sa volonté profonde mène au bonheur, profond, durable. Lorsque mon envie et mon bonheur sont compatibles, je n’ai qu’à m’élancer et me réjouir !

« Je redoutais la vie sans lui… » Catherine croyait au bonheur… Mais un jour, son mari est tombé malade.  Elle s’est retrouvée face à un choix qui a changé sa vie. J’ai toujours cru que Dieu voulait notre bonheur. Pourtant, des difficultés extérieures faisaient vaciller cette certitude. Ainsi, à l’annonce du cancer de mon époux, en 2000, l’angoisse m’a laminée et je pensais ne plus pouvoir être heureuse. Une thérapeute m’a fait alors découvrir une « pépite » : j’avais le choix, soit de m’enfermer dans le rôle de l’épouse d’un cancéreux, soit de continuer la route avec un époux atteint d’un cancer. Pendant neuf ans, Jean-Yves a mené un combat exemplaire contre un cancer incurable. L’horreur est facile à imaginer mais il y eut aussi du bonheur pur. Si c’est lui qui était sur le ring, ce combat, nous l’avons mené ensemble. Trois semaines avant sa mort, il a demandé à entrer en soins palliatifs. Nous avons été témoins de son total abandon dans les bras du Père. Un beau soir, en mai 2009, il m’a offert son dernier souffle : impression de l’accoucher à l’autre vie… Alors que, depuis des années, je redoutais la vie sans lui, à ce jour, si je ressens le manque, je n’ai connu ni l’effondrement, ni la tristesse. Je me sens portée par Dieu et Jean-Yves à mes côtés, et remplie d’une force et d’une paix qui ne viennent pas de moi mais que j’accueille avec gratitude. J’ai mis quelque temps à oser me dire puis dire aux enfants que j’étais heureuse. Aujourd’hui, à 61 ans, choisir d’être heureuse m’apparaît comme la fidélité à cet homme qui aimait tant la vie.

Apprendre à être heureux

1 Croire au bonheur. Être heureux nécessite un engagement de tout mon être. Et pour m’y engager, je dois y croire. Beaucoup de personnes sont prêtes à y croire pour les autres : leur conjoint, leurs enfants mais pas pour elles-mêmes. Est-ce que je crois vraiment que, moi aussi, je suis créé pour accéder au bonheur ?

2 Choisir la liberté. Être heureux, c’est vivre dans l’amour. Or, il n’y a pas d’amour sans liberté. On ne peut pas aimer sous la contrainte. Je vais donc exercer ma liberté et choisir le bonheur. Bannir les « il faut » et « je dois » et les remplacer par « je choisis », « je veux ».

3 Construire le bonheur. Le bonheur n’est pas extérieur à moi mais un chemin sur lequel j’avance pas à pas, un édifice que je construis à partir des circonstances de ma vie en leur donnant un sens.

4 S’exercer à être heureux. Comme tout art, toute aptitude, c’est en s’entraînant à être heureux qu’on progresse sur ce chemin. On peut s’exercer au quotidien à exprimer ses émotions sans jugement ni interprétation, tenter de rejoindre l’autre sans le juger, manifester ce qui va bien et dire des paroles de bénédiction, accepter les compliments avec reconnaissance, etc. Cela deviendra peu à peu une manière d’être, de regarder la vie.

5 Apprendre à s’émerveiller. En réapprenant à voir et à savourer simplement, les petits bonheurs offerts de la vie quotidienne (un sourire qui nous est offert gratuitement, un bon plat, un rayon de soleil, un bon livre, un moment d’amitié partagée, etc.), et en ayant conscience de recevoir un cadeau, nous pouvons poser une à une les pierres d’un grand bonheur.

6 S’entraîner au pardon. Le bonheur est un état de plénitude. La blessure et l’offense introduisent une fragmentation de notre intégrité que seul l’échange des pardons pourra restaurer pour nous permettre d’accéder à cette plénitude.

7 Nourrir sa vie intérieure. Notre identité profonde est, selon Jung, l’« âme habitée par le Divin ». La développer en nous laissant rejoindre par plus grand que nous favorise notre épanouissement.

8 Accéder à sa mission. Chacun de nous est créé avec une mission unique. Il nous appartient de chercher à la rejoindre au plus profond de nous et de la manifester dans notre vie. Accéder à sa mission est source d’une joie que rien ni personne ne peut nous enlever.

9 Maîtriser ses pensées. Nous ne sommes pas responsables des idées qui nous viennent mais de ce que nous en faisons. Nous pouvons choisir de ne pas entretenir et même de rejeter les pensées négatives, concernant le présent et l’avenir. Elles polluent notre esprit et notre coeur. Elles nous empêchent souvent de voir le bonheur simple qui est à portée de notre main. Nous devrions toujours nous dire que « le pire n’est jamais sûr» ! Les gens heureux sont ceux qui ont la sagesse et la volonté de cultiver les pensées positives et encourageantes.

Virginie Tesson

Après avoir exercé la médecine générale pendant huit ans, Virginie Tesson a prolongé sa formation pour devenir psychothérapeute et consultante en relations humaines. Elle exerce à Roubaix (Nord), où elle reçoit adultes et enfants ; anime des groupes de croissance psycho-spirituelle, en lien avec Jean Monbourquette ; intervient auprès de chefs d’entreprise (experte APM); participe à des chroniques et donne de nombreuses conférences. www.cabinetvirginietesson.com 

Aller plus loin :

« Choisis la vie » « Je te propose aujourd’hui de choisir ou bien la vie et le bonheur, ou bien la mort et le malheur. Écoute les commandements que je te donne aujourd’hui : aimer le Seigneur ton Dieu, marcher dans ses chemins, garder ses ordres, ses commandements et ses décrets. Alors, tu vivras et te multiplieras; le Seigneur ton Dieu te bénira dans le pays dont tu vas prendre possession. Je te propose de choisir entre la vie et la mort, entre la bénédiction et la malédiction. Choisis donc la vie, pour que vous viviez, toi et ta descendance, en aimant le Seigneur ton Dieu, en écoutant sa voix, en vous attachant à lui ; c’est là que se trouve la vie, une longue vie sur la terre que le Seigneur a juré de donner à tes pères, Abraham, Isaac et Jacob. »  Livre du Deutéronome, chapitre 30

À chacun sa mission, Jean Monbourquette, Bayard, 2001.
Maman, ne me quitte pas ! : Accompagner l’enfant dans les séparations de la vie, Bernadette Lemoine, Saint-Paul Éditions Religieuses, 2005.

Cessez d’être gentil, soyez vrai ! Être avec les autres en restant soi-même, Thomas d’Ansembourg, Éditions de l’Homme, 2004.

De l’estime de soi à l’estime du Soi, Jean Monbourquette, Bayard, 2003.

 

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