L’amour en héritage

by Alexandre Meyer

Le 31 octobre 2010, veille de la Toussaint, une jeune fille est montée au Ciel. Elle n’avait que 25 ans et s’était battue sans relâche sept années durant contre un cancer du système lymphatique. Étudiante en biologie, secouriste bénévole et catéchiste dans un quartier populaire de Paris, Héloïse Charruau a eu le temps d’adresser aux siens l’ébauche d’un vaste projet caritatif. Son combat spirituel perdure grâce à la fondation qui porte son nom.

TEXTE ALEXANDRE MEYER PHOTOS FRANÇOIS-RÉGIS SALEFRAN

En Thaïlande, la Fondation Héloïse Charruau soutient depuis plusieurs années les projets des Missions étrangères de Paris auprès de l’ethnie Karen, et participe à la reconstruction d’une école de montagne. Ici, une procession mariale nocturne à Maewe, où les femmes travaillent dans un atelier de couture, guidées par un prêtre français des Missions étrangères.

UN TÉMOIGNAGE D’AMOUR

En 2013, Stéphane Charruau crée une fondation en mémoire de sa fille, Héloïse, décédée à l’âge de 25 ans. Les témoignages qu’il recueille dépeignent une jeune femme qui s’est toujours préoccupée des soucis des autres, avant les siens. Dédiée à la jeunesse, la Fondation Héloïse Charruau soutient l’accès à l’éducation et à la formation des plus démunis dans les pays pauvres. « C’est une fondation de “mémoire”, prolongeant la vie terrestre d’Héloïse, donc résolument tournée vers l’avenir, explique Stéphane Charruau. Grâce à elle, nous voulons offrir aux jeunes la chance d’avoir une vie meilleure. Petite goutte d’eau dans l’océan des pauvretés matérielles et spirituelles, cette fondation est porteuse d’espérance. »

DEUX MISSIONS : L’ÉDUCATION ET LE SOIN

La fondation applique une transparence totale et offre un suivi très précis de son action. Grâce à son site Internet, les donateurs ont une grande visibilité sur les projets qu’elle soutient. Une action qui se veut concrète, efficace. « Nous devons faire face à des contextes radicalement différents : la pauvreté citadine, comme aux Philippines dans les bidonvilles, et la pauvreté en brousse. La manière d’y faire face est très différente », assure Stéphane Charruau, qui rentre de sa troisième visite auprès des missions depuis le début de l’année.

Ainsi, dans le Sahel, la Fondation a misé sur le creusement de puits avant de bâtir des écoles. Sans eau, rien ne peut se faire. Au Cambodge, au contraire, l’eau abonde, mais elle est impure. Il a fallu creuser plus profond et placer les écoles au plus près des rizières pour alimenter les enfants dont les parents sont agriculteurs. C’est la raison pour laquelle son fondateur lance un appel : « Des volontaires français et européens prêts à se déplacer m’intéressent plus aujourd’hui que des chèques. L’argent est nécessaire mais pas suffisant. Pour monter un projet agricole et aider les populations locales à devenir autonomes, nous devons leur montrer l’exemple et faire en sorte que les parents s’impliquent. Seuls des volontaires peuvent y arriver. Ils deviennent des moteurs et des transmetteurs. »

Au Bénin, une école primaire est sortie de terre pour accueillir une centaine de garçons et plus de 125 petites filles de la paroisse d’Alfa-Kpara dans le diocèse de Djougou.

Le dispensaire Héloïse Charruau, situé à Tsarahasina dans le nord de Madagascar, compte une école, une église et un établissement de soin bien équipé. Là-bas, un simple abcès peut devenir mortel. Le père Bertrand de Bourran, responsable de la mission sur place, s’entretient avec une institutrice.

La Fondation Héloïse Charruau participe à l’édification de petites écoles disséminées en broussse dans le diocèse de Djougou, au Bénin. Les dons de livres sont précieux pour les écoliers qui manquent de tout.

POUR EN SAVOIR PLUS :

fondationheloisecharruau.org

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