Axel : La joie retrouvée

by administrator

Sans trop savoir pourquoi, Axel a accepté de participer à un pèlerinage pour les pères de famille, à Vézelay. L’expérience ne le laisse pas indemne. Et l’entraîne sur des chemins inattendus.

J’avais perdu l’habitude de prier, et pour tout dire, parler de sujets religieux ou prier à plusieurs m’était presque devenu « gênant ». Ma femme étant bouddhiste, je n’avais pas davantage de pratique religieuse familiale. Aussi, quand on m’a proposé de participer à un pèlerinage des pères de famille, j’en voyais si peu l’intérêt que, la première année, je me suis désisté à la veille du départ… Mais il y a deux ans, j’ai pris mon sac sur le dos et je suis parti à Vézelay avec le groupe de pères de famille chrétiens d’Asnières (92). Dès la première prière du Notre Père, je me suis demandé ce que je faisais là… Pourtant, marcher avec son sac, quand, en bon citadin, on ne fait jamais de marche à pied ni ne porte quoi que ce soit de lourd, cela devient vite une école d’humilité. Pendant la marche, les pères échangeaient entre eux dans une si contagieuse fraternité que cela m’a ouvert à l’envie de prier. Progressivement je me suis rendu compte que je n’étais pas seul sur cette route. Et les efforts physiques fournis étaient finalement nécessaires pour me débarrasser de ce qui empêchait mon cœur de s’ouvrir.

Un père très aimant 

Arrivé à Vézelay, alors que j’étais à genoux dans le jardin de la basilique pour recevoir la bénédiction d’un prêtre, j’ai osé demander un cadeau à Dieu, ce que je n’avais pas fait depuis des années. Je m’étais convaincu qu’on ne peut pas demander de cadeau sans avoir l’impression de quémander ou de demander quelque chose qui serait un dû. Procéder ainsi me semblait relever de la présomption, voire du caprice. Cette démarche m’a appris que c’était tout l’inverse. Je l’ai vécue comme la prière d’un enfant qui aime, et qui est confiant envers un Père très aimant et attentif. Comme dans le Notre Père, quand on prie : « Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. » Et en recevant cette bénédiction, j’ai ressenti une onde de chaleur descendre tout du long de mon corps, sensation douce et surprenante, qui m’accompagne encore aujourd’hui. Le samedi soir, une messe a été célébrée pour tous les pèlerins, dans une ambiance unique : un moment bouleversant… Il faut entendre les 1000 hommes qui chantent dans cette basilique comme s’ils voulaient en soulever le toit, pour comprendre la joie d’être là et la ferveur partagée !

J’ai fini ce pèlerinage transformé, dans une joie qui s’est accompagnée d’une envie de retourner à la messe. Autant le premier jour je me demandais pourquoi j’étais venu, autant le dernier jour j’ai compris pourquoi j’y reviendrais !

Toute l’année qui a suivi, ma foi s’est reconstruite et, par contagion, mes enfants ont manifesté le souhait de suivre le catéchisme de la paroisse. De son côté, mon épouse a proposé que nous allions en famille à la messe… Elle a commencé une démarche de catéchuménat pour se préparer au baptême.

Une joie immense

C’est donc habité d’une joie immense, avec une envie de remercier et aussi partager que je suis reparti l’année suivante au pèlerinage des pères de famille. De nombreux participants étaient dans les mêmes dispositions intérieures que moi l’année précédente : dubitatifs, se demandant ce qu’ils faisaient là. À eux maintenant d’être gagnés par la fraternité de la marche, des chants et des prières partagés sur la route comme lors des haltes ou des temps d’échange. À moi de leur communiquer la joie du pèlerinage !

Vézelay, c’est un temps unique pour un père de famille : quitter son foyer pour se rapprocher de Dieu et puiser la force d’aimer et d’être à la disposition de sa femme et de ses enfants, mais aussi de vivre toute l’année en assumant son rôle de père.

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