La foi chrétienne repose-t-elle sur un mythe ?

by 123dev

Débat. Toute la foi des chrétiens repose sur la croyance en la résurrection du Christ. « Si le Christ n’est pas ressuscité, notre foi est sans contenu », proclame saint Paul. Y a-t-il des preuves historiques et médicales de la résurrection du Christ ?

Le débat entre Lili Sans-Gênes et Lee Strobel

Lili Sans-Gêne : De nombreuses personnes pensent que Jésus n’est en réalité pas mort sur la croix. Il s’est évanoui de douleur, mais il n’était pas mort quand il a été descendu de la croix. Alors vous ne pouvez pas prouver sa résurrection !

Lee Strobel : Vous avez raison ! La première question pour prouver cela est : est-ce que Jésus est mort sur la croix ? Et la deuxième : est-il apparu à des gens après ? Pour répondre à la première, les analyses des données médicales et historiques montrent que Jésus ne peut pas avoir survécu à l’atroce cruauté de la crucifixion, encore moins à la plaie béante qui lui a transpercé un poumon et le coeur. L’idée qu’il a pu s’évanouir sur la croix et faire semblant d’être mort est dépourvue de tout fondement factuel. Les bourreaux romains étaient d’une efficacité redoutable, se sachant eux-mêmes condamnés à mort s’ils laissaient la moindre victime échapper à la mort en croix. Et même si Jésus avait survécu d’une façon ou d’une autre à cette torture, son état épouvantable n’aurait jamais pu inspirer un mouvement mondial basé sur le principe de son triomphe glorieux sur la mort.

Rien ne prouve en tout cas que son corps n’était plus dans le tombeau.

Au contraire, le tombeau vide est une réalité historique. Le tombeau vide est un fait rapporté, ou sous-entendu, dans des sources très anciennes, comme l’Évangile de Marc et la première lettre de Paul au Corinthiens, chapitre 15, qui sont tellement proches de l’événement qu’ils ne peuvent pas avoir été inventés. La découverte du tombeau vide est attribuée à des femmes. Or un récit inventé l’aurait attribuée à des hommes, jugés plus crédibles. L’emplacement du tombeau de Jésus était connu à la fois des chrétiens et des Juifs, si bien que les sceptiques avaient la possibilité de vérifier. En fait, personne, pas même les autorités romaines ni les chefs des Juifs, n’a jamais prétendu que le corps de Jésus était toujours dans la tombe. Au lieu de cela ils ont inventé, par force, l’histoire absurde du vol du cadavre par les disciples, malgré l’absence de mobile et de moyens. Cette théorie a été abandonnée par les plus sceptiques des critiques contemporains.

Les récits qui évoquent le tombeau vide sont très incohérents et donc peu crédibles.

Comment procède un historien ? Il examine ces récits et se dit : « Je vois bien des incohérences, mais je remarque qu’elles ont toutes un point commun, c’est qu’elles ne touchent que des détails secondaires. Le noyau du récit est le même : Joseph d’Arimathie prend le corps de Jésus, le dépose dans un tombeau, le tombeau est visité par un petit groupe de femmes disciples de Jésus de bonne heure le dimanche matin suivant la crucifixion, et elles découvrent un tombeau vide. Elles ont une apparition d’anges qui leur disent que Jésus est ressuscité. On peut donc tout à fait faire confiance à ce noyau irréductible commun aux différents récits, et la majorité des spécialistes actuels du Nouveau Testament serait d’accord là-dessus, malgré quelques différences dans les noms des femmes, l’heure exacte du matin, le nombre des anges et ainsi de suite. Ce genre de divergences ne gêne pas un historien. Aucun historien, en voyant ces narrations multiples et indépendantes, ne négligerait ces pièces à conviction au seul motif qu’elles comportent des divergences secondaires. Vous savez, quand on juge d’après le même genre de critères toutes les autres sources littéraires de l’antiquité, les indices sont suffisamment fermes et vraisemblables pour nous obliger à conclure que la tombe était effectivement vide.

Vous ne pouvez pas prouver que Jésus est apparu vivant à des personnes après sa mort, c’est de la science fiction !

Il y a eu de multiples apparitions variées à un grand nombre de personnes différentes, rapportées dans les Évangiles et dans les Actes des Apôtres, à des personnes seules, à des groupes, à l’intérieur des maisons ou dehors, à des gens au coeur tendre comme Jean et à des sceptiques comme Thomas. Quelquefois ils ont touché Jésus, ou ont mangé en sa compagnie ; les textes enseignent sa présence physique. Ces apparitions ont duré plusieurs semaines. Et il y a de bonnes raisons de faire confiance à ces récits, car ils sont dépourvus de bien des tendances caractéristiques des mythes.

Mais on sait très bien que la foi en la résurrection de Jésus est un mythe qui a été inventé tardivement et progressivement par l’Église, pour asseoir son pouvoir.

En réalité, les traces historiques les plus anciennes que nous possédions au sujet de la résurrection remontent certainement à la période immédiatement postérieure à la date de cet événement présumé. Il s’agit des éléments contenus dans les premiers sermons des Actes des Apôtres, dans le Nouveau Testament. Effectivement, les Actes sont parsemés de références aux apparitions de Jésus. L’apôtre Pierre se montrait particulièrement intransigeant sur ce point. Il dit, en Actes 2, 32, que « ce Jésus, Dieu l’a ressuscité, nous en sommes tous témoins ». Dans Actes 3 , 15 il répète : « Vous avez fait mourir le prince de la vie, que Dieu a ressuscité d’entre les morts ; nous en sommes témoins. » Dans Actes 10, 41, il confirme à Corneille que lui et les autres « ont mangé et bu avec lui après sa résurrection d’entre les morts ». La résurrection était sans conteste la proclamation centrale de l’Église primitive dès son tout début. Les tout premiers chrétiens ne se sont pas contentés de reprendre les enseignements de Jésus, ils étaient convaincus de l’avoir vu vivant après sa crucifixion. C’est cela qui a transformé leur vie et mis en route l’Église. Comme c’était leur conviction la plus centrale, ils se sont certainement assurés de sa véracité.

C’est très beau tout ça, mais ce sont des livres religieux, vous ne parlez pas d’éléments historiques valables.

Les apparitions de Jésus sont aussi bien attestées que n’importe quel événement de l’Antiquité… Rien de rationnel ne permet de douter qu’elles se soient réellement produites, ni que la certitude de la résurrection des tout premiers chrétiens vienne principalement de là. Ils pouvaient le dire avec assurance : Nous avons vu le Seigneur. Ils savaient que c’était lui. L’amoncellement de témoignages et de confirmations venant corroborer les apparitions de Jésus après sa résurrection est renversant. Pour vous donner un ordre d’idées, si on devait appeler à la barre, et sans aucune interruption, chaque témoin pour un contre-interrogatoire de simplement un quart d’heure, il faudrait commencer le lundi matin après le petit-déjeuner pour finir à l’heure du dîner le vendredi soir pour les entendre tous. Qui pourrait repartir non convaincu après avoir écouté cent vingt-neuf heures de témoignages directs ? Par ailleurs, il reste une catégorie de preuves… C’est que la rencontre avec le Christ ressuscité se continue en permanence partout dans le monde, depuis plus de deux mille ans, dans toutes les cultures, chez des gens de toutes origines, quelle que soit leur personnalité– très instruits ou non, riches et pauvres, intellectuels et intuitifs, hommes et femmes. Tous témoigneraient que Jésus-Christ, plus que n’importe quoi d’autre dans leur vie, les a transformés. Pour moi, c’est non seulement une pièce à conviction, mais la dernière preuve qui confirme le reste : le message de Jésus peut ouvrir la porte à une rencontre directe avec le Christ ressuscité. En effet, si les faits m’indiquent quelque chose de vrai – si tous ces faisceaux de présomptions vont réellement dans le sens de la résurrection de Jésus – ils appellent d’eux-mêmes une vérification expérimentale. Le test expérimental est que, si Jésus est réellement vivant, je peux le savoir en entrant en relation avec lui. Si vous entendiez, comme juré, suffisamment de faits pour vous convaincre de la culpabilité de quelqu’un, il serait absurde de ne pas aller jusqu’au bout de l’affaire en le déclarant coupable. Et pour nous, accepter l’évidence de la résurrection de Jésus sans aller jusqu’au stade final de la mise à l’épreuve de la vie, reviendrait à manquer le but visé par l’évidence…

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