Foly douce

by Hélène Bordes

Rencontre. Dans un livre à paraître sur les femmes qui ont marqué sa vie, Liane Foly insère un portrait de sainte Thérèse de Lisieux.

Propos recueillis par Magali Germain.

Elle est fan de football et de bougies parfumées à la rose. La crooneuse vit cramponnée à l’humour. C’est sa sinécure. Avec de l’esprit pour trois, de la voix en veux-tu en voilà, cette Enfoirée rigolote parraine une unité d’élite de l’armée de terre, le Groupe de Recherche et d’Exploration Profonde de la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris. Des hommes qui selon elle n’ont que des qualités. Quand elle n’est pas sur scène, qu’on se le dise, la bonne fée de l’équipe de football féminin se régénère dans le Calvados chez la petite Thérèse. À chacun sa Foly.

D’où vous est venue l’idée d’un livre sur les femmes ?

Avec mon amie Wendy Bouchard nous avions le désir commun de rendre hommage aux femmes qui ont compté dans nos vies, de l’enfance à aujourd’hui. Nous souhaitions mettre en lumière nos femmes de cœur. Je ne préfère pas l’une à l’autre, elles sont pour moi les pièces du puzzle de ma vie.

Quelle est votre patte dans ce quatre mains ? 

Nous avons chacune écrit des portraits pour honorer ces femmes aux destins lumineux et atypiques que nous avons eu la chance de rencontrer sur nos routes, croiser dans nos vies professionnelles ou admirer parce qu’elles furent des guides. Ce n’est pas un livre à quatre mains mais à deux cœurs. Nous l’avons souhaité empli d’admiration, de gratitude. Notre amie Carla Bruni en a écrit la préface et c’est assez savoureux.

Parmi les femmes qui vous ont marquées, il y a Thérèse de Lisieux… Pourquoi ?

J’ai vécu toute ma vie avec Thérèse de Lisieux. C’était la sainte de la maison. Elle a dit: « Je passerai mon ciel à faire du bien sur la terre. » Effectivement, elle passe son ciel à faire du bien. Je peux le dire. Sainte Thérèse de Lisieux m’a toujours accompagnée. Encore aujourd’hui cette sainte aux roses est une image douce et bienfaisante. Nous partageons cette belle aventure de sororité, expression de solidarité entre les femmes afin de faire fleurir leur rayonnement, car elles possèdent toutes de grandes qualités et sont des exemples nécessaires à l’émancipation de la condition féminine, en sorte que les femmes soient traitées sur un pied d’égalité avec la gent masculine.

Avez-vous des TOC dans la vie ?

Le rire ! C’est mon meilleur compagnon de vie. Je lui dois tout !

Quelle petite fille lyonnaise étiez-vous ?

J’ai grandi à Lyon Perrache dans une famille très aimante, unie, drôle et courageuse. Mes parents tenaient la Droguerie du sourire, un bazar magique! J’étais une petite fille hyperactive, timide mais battante, très tôt concernée par le monde et les autres. J’étais bienveillante et créative, remplie de bonne volonté et dotée d’une grande naïveté. Je croyais en mes rêves les plus fous en pensant que la vie était douce et sans embûches. Le réveil fut tonitruant et c’est alors que la foi prit une grande place en mon cœur. L’appel vers la spiritualité fut immédiat et grandit de jour en jour.

Que devez-vous à votre famille ?

Catholiques mais non pratiquants, nous avons toujours eu ensemble un attachement profond pour les saints : Padre Pio et la Vierge Marie, qui était la confidente et la lumière de ma mère.

Après Lyon, votre foi a voyagé vers la Normandie…

Je vais régulièrement à Lisieux. J’aime ce pèlerinage qui me ressource et m’apaise. Une journée à Lisieux, ça vous régénère. C’est votre côté catho ? J’aime les lieux de prière et les bougies, j’aime allumer des cierges. La vie est un long apprentissage, les épreuves nombreuses, les succès, les échecs, chacun a besoin de s’efforcer à croire. J’aime ce verbe. Rien n’est figé, on peut toujours et constamment évoluer dans tout.

Vos chers parents défunts, où les imaginez-vous à cette heure ?

Tous les êtres chers disparus sont présents au quotidien, dans une autre dimension mais ils sont bien là. Je m’efforce d’écouter leurs voix, leurs signes, ils forment tous une ronde d’anges gardiens.

Croyez-vous à une vie après la mort ? La vie éternelle, y pensez-vous parfois ? Comment voyez-vous les choses ?

Je ne sais pas ce qu’il y a après la mort, mais certainement quelque chose d’incommunicable pour nous terrestres. La mort ne me fait pas peur. Je l’accepte très sereinement. C’est la rencontre-surprise, elle arrivera un jour ou l’autre pour tout le monde. Aussi l’instant présent est-il essentiel, le passé est révolu et l’avenir inconnu, donc vivre au présent reste mon seul fonctionnement.

Si Dieu vous soufflait quelque chose à l’oreille… 

J’aurais un honneur bien particulier. Il me dirait : « Tu ne voudrais pas aider le père Noël ? Il est débordé… tes parents y sont déjà ! »

Des projets en cours ?

Je continue à chanter en scène. Je serai en tournée avec un piano en 2019 et mes projets sont nombreux. Mais je vis chaque étape en son temps. Pour l’instant, je me consacre à ce livre sur les femmes de ma vie.

On vous voit souvent engagée, notamment au concert des Enfoirés, entièrement aux autres… 

Mes engagements pour les causes humanitaires ont toujours été présents depuis mon enfance mais, en étant artiste, ils ont pris une tournure plus médiatique. Me sentir utile me rend heureuse. L’altruisme est dans mon ADN grâce à mes merveilleux parents.

On a tous le droit… Qu’êtes-vous en droit de rêver pour vous-même ?

J’aimerais être centenaire pour voir, entendre, apprendre encore et encore les progrès des femmes et des hommes, en espérant que la spiritualité vaincra. Pour mes cent ans, on sera donc en 2062, ce qui me laisse encore 44 ans pour croire, espérer, positiver et m’améliorer !

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