Déployer sa féminité

by Hélène Bordes

Développement personnel. Être une femme est une expérience passionnante. Le féminin, c’est un univers à explorer et à déployer, pour que le monde se porte mieux.

Explications de Claire de Saint Lager

Le féminin est une essence, une essence puissante, une essence bien souvent sous-estimée dans des cultures occidentales qui survalorisent le masculin et les valeurs du masculin. En effet, il semble que, dans nos sociétés occidentales, être une femme accomplie passe par le fait de s’approprier les codes et les valeurs du masculin dominant. La femme devient un homme comme les autres. Le féminin, en filigrane est toujours considéré comme inférieur, relégué au rang de l’instable, du puéril, de l’imaginaire. Et de ce mépris du féminin résulte que ni l’homme ni la femme n’en deviennent plus pleinement humains.

Or le féminin amène cette part de subtil au monde, le féminin est relié au cœur. Il n’objective pas, ne hiérarchise pas, il tisse et crée des liens. Il intègre le sens, l’intuition, le ressenti, il intègre ce qui est, la vie, les choses et les êtres. Il intègre aussi le doute et la part de mystère dans une approche fine et complexe. Le féminin est profondément relié à la vie, aux cycles de vie, de mort et de résurrection.

La place du féminin
Une voie s’ouvre pour le féminisme, une voie où le féminin serait exalté, où le féminin retrouverait toute sa place et toute sa noblesse ; sans dominer sur le masculin mais dans un engendrement mutuel. Il ne s’agit pas de s’opposer l’un à l’autre. Si l’intériorité est attachée au féminin, et le masculin à l’extériorité, c’est parce que le sexe de la femme est tourné vers l’intérieur, réceptacle capable d’accueillir en lui le sexe de l’homme, tourné vers l’extérieur, dans une énergie de jaillissement.

Le masculin n’est pas meilleur que le féminin, ni l’inverse. Les deux sont indissociables, bien que distincts. L’alliance ne peut exister que s’il y a distinction ; c’est la distinction qui permet l’union, sinon l’on parle de confusion. Chaque femme a un visage unique. Il y a parmi les femmes des couleurs, des goûts, des talents uniques. Certaines aiment la simplicité, le quotidien, le concret ; d’autres l’étrange, l’originalité, l’inventivité ; les unes la connaissance, la sagesse, la vérité ; les autres le défi, les réalisations ; certaines aiment être en relation, compatir, écouter, soigner ; d’autres aiment rire, s’enivrer, vivre l’instant présent. Chacune apporte au monde sa part d’enthousiasme, sa part de rêverie, sa présence pure.

Le premier chemin vers la femme est d’abord un chemin vers soi. Plus une femme devient pleinement elle-même, plus elle devient pleinement femme. En renouant avec cette puissance qui l’habite, en ne s’effrayant pas des fentes et des failles, de l’ouverture, des sens, de la sensibilité, de l’intuition, en ne l’opposant pas au courage, à la force, à l’action, elle intègre toutes les dimensions de son être et vit des épousailles intérieures.

L’expérience d’être femme est avant tout une expérience de l’unité de l’être. Il ne s’agit pas d’un rôle ou d’une fonction. C’est en retrouvant le lien entre son corps, son cœur et son intelligence qu’une femme se reconnecte à son désir profond et
trouve le point d’enracinement qui lui permet de rayonner.

La question n’est pas : la femme a-t-elle la valeur d’un homme ? mais bien plutôt : comment déployer pleinement la puissance, la vie, la créativité, le trésor profond que recouvre le féminin ? Pour vivre un bonheur véritable, il n’y a pas de recette, seulement un chemin singulier pour chacune. Mais le premier mouvement devrait être de se débarrasser de tous ces « il faut », « je dois » qui bourdonnent dans nos boîtes crâniennes. Un sens mal compris du devoir prive de la joie qu’il y a à se donner librement. Et ce qui est donné par devoir manque souvent d’enthousiasme et de simplicité.

Égalité et couple
La vraie égalité est habitée par l’admiration, le respect et le désir. On peut vivre pleinement l’égalité tout en vivant la différence. Et nous savons le vivre au quotidien quand nous nous entourons de gens qui nous complètent. Il en va de même
dans la relation entre l’homme et la femme. La vraie égalité ne peut naître que dans un rapport de pleine confiance, de respect et d’émerveillement devant la différence de l’autre. La confiance est le socle d’une relation amoureuse et féconde. Dans ce don mutuel, on accompagne l’autre dans la réalisation de lui-même. Par l’amour et la confiance, l’homme encourage la mission de son épouse, et la femme celle de son époux.

Propos recueillis par Émilie Pourbaix

Claire de Saint Lager
Après des études de lettres et d’histoire, elle participe à des programmes d’éducation au Cambodge et aux États-Unis. Elle a fondé deux parcours destinés aux femmes : Graine de Femmes et Isha Formation, pour faire rayonner le féminin.

3 clés pour approfondir sa féminité

1. Vivre avec le cœur.
Vivre avec le cœur, c’est affronter la vie avec courage. Et je suis frappée de ce courage qui anime les femmes, c’est sans doute parce qu’elles ont beaucoup de cœur. Combien de mères ont tenu bon pour accompagner leur enfant malade ? Combien de femmes ont été solides pour tenir debout toute une famille à la dérive ? Combien se relèvent de la pire épreuve, mort d’un enfant, pour que la mort n’ait pas le dernier mot ? En chaque femme il y a une héroïne : une femme de cœur !

2. Poser des gestes par amour.
Tout change lorsque les gestes sont posés par amour. L’amour n’est pas un sentiment, mais une manière de vivre. L’attention à l’autre – celle du cœur – qui nous fait cueillir une fleur pour l’offrir à une amie, envoyer un message parce que l’on pense à l’autre, nettoyer de fond en comble une pièce pour qu’elle soit scintillante pour ceux qui s’y tiendront… cette qualité d’amour est celle qui dit : tu as du prix à mes yeux, il est bon que tu existes, ta présence me réjouit !

3. Cultiver l’intériorité.
L’intériorité est reliée au féminin. Plus les femmes auront renoué avec leur féminin, plus elles joueront un rôle prophétique dans notre monde. Je crois en effet que notre monde actuel meurt de n’être qu’extériorité, et de ne faire grandir l’homme que par l’extérieur. Le temps est venu de faire découvrir à l’homme les champs illimités de la vie intérieure. Notre monde a besoin d’intériorité. Si les femmes sont l’âme du monde, quelle prodigieuse mission !

Pour aller plus loin

La voie de l’amoureuse, Claire de Saint Lager, Artège, 2018

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