SOLI’MALTE, LA SOLIDARITÉ EN ACTES

by Alexandre Meyer

Face à l’épidémie de coronavirus, l’Ordre de Malte France a lancé un nouveau service d’urgence de rue pour porter une assistance sanitaire, sociale et alimentaire aux plus démunis. Il est déjà déployé dans plus d’une dizaine de grandes villes de France.

TEXTE ALEXANDRE MEYER – PHOTOS MAUD FÉE, CHRISTOPHE HÜE

UN ÉTAT D’URGENCE

En France, aujourd’hui, 8,8 millions de personnes vivent en situation de précarité. Les deux tiers d’entre elles vivent dans les grandes villes. Le pays compte 2,1 millions de travailleurs pauvres, dont 500 000 indépendants. À la crise sanitaire a succédé une crise sociale sans précédent, dont nul ne peut prédire la durée ni le terme. Le confinement a été particulièrement difficile pour les personnes à la rue et pour d’autres, toujours plus nombreuses, désormais en situation de fragilité économique, physique et psychologique. Face à cette nouvelle urgence, l’Ordre de Malte France a réorienté 80 % de son activité vers l’aide aux plus fragiles dès le 15 mars.
Pour pallier les déficiences de suivi médical constatées pendant le confinement et toucher les personnes en situation de précarité qui n’osaient plus aller à l’hôpital de peur d’être contaminées, l’Ordre de Malte France a lancé le dispositif « Soli’Malte », un nouveau service d’urgence de rue. Une assistance à la fois alimentaire, sociale, psychologique et spirituelle, mais surtout sanitaire, avec la remise de kits hygiéniques et un personnel de santé ou un secouriste par maraude prenant les constantes, assurant les premiers soins et transmettant un bilan aux services médicaux d’urgence.

UN ORDRE HOSPITALIER SÉCULAIRE

Ordre hospitalier fondé à Jérusalem vers 1 080, il est le plus ancien organisme caritatif au monde. L’Ordre de Malte France, association catholique hospitalière reconnue d’utilité publique, a été fondé en 1927. Ses milliers de salariés et de bénévoles s’engagent chaque jour en France et dans 26 pays, pour secourir, soigner et accompagner les personnes fragilisées par la maladie, le handicap, la pauvreté ou l’exclusion.

SUR TOUS LES FRONTS

L’Ordre de Malte France accueille et accompagne au quotidien des personnes en situation de précarité et propose une aide sociale ou juridique aux réfugiés et aux migrants. Remplissant des missions de service public, de formation ou de prévention, il n’est pas rare de croiser ses secouristes bénévoles aux abords des stades ou le long des cortèges de manifestants. À l’international, ils luttent également contre la malnutrition ou les grandes endémies. L’Ordre administre également des établissements médico- sociaux et sanitaires dans les domaines de la dépendance, de l’autisme, du handicap et des soins aux enfants. Pour faire face à l’augmentation massive de la précarité, ils ont plus que jamais besoin de soutien.

« Les aspects alimentaire et social, fondamentaux, étaient déjà là dans nos maraudes… Mais le contexte actuel oblige à les renforcer significativement : les besoins alimentaires sont criants et la solitude renforcée par un “confinement sans abri” qui, contrairement à ce qu’on peut penser, intensifie l’exclusion de nos frères de la rue… » Guillaume, maraudeur depuis 14 ans.

« J’ai en tête l’image d’une mère posant la main sur le front de son enfant qui se sent un peu malade pour vérifier qu’il n’a pas de fièvre… c’est un peu poétique peut-être, mais c’est ainsi que je le vois. » Guillaume.

« Cette première maraude Soli’Malte a montré l’intérêt de pouvoir déployer l’ensemble des compétences de Malte avec, dans une même maraude : une aide alimentaire, la distribution de produits d’hygiène, une écoute et un soutien social, des prises de température et de saturation en oxygène et même, malheureusement, l’intervention des pompiers à notre demande pour un de nos amis en danger à cause d’une détresse respiratoire importante. » Barthélémy, secouriste.

« Dans cette nouvelle maraude, le rôle du secouriste est avant tout d’être à l’écoute, comme n’importe quel maraudeur. Il s’est avéré que les gens que nous visitons apprécient particulièrement être pris en charge par le secouriste, ne serait-ce que pour une prise de température et de saturation (du sang en oxygène, Ndlr). Ces gestes simples leur donnent l’assurance que l’on se soucie de leur santé en cette période où ce sujet est sur toutes les lèvres. » Barthélémy.

POUR EN SAVOIR +

www.ordredemaltefrance.org

 

 

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