Power Patate

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Connaissance de soi. Lorsque nous exprimons notre puissance intérieure, nous dégageons une forme particulière d’énergie: notre «power patate». C’est la somme de nos super-pouvoirs en action.

Par Florence Servan-Schreiber.

Un super-pouvoir n’a rien d’extraordinaire. Il appartient à la famille des traits de personnalité les plus courants, mais il nous appartient. Apprendre à l’apprivoiser nous fait gagner de l’énergie, du plaisir, nous rend plus efficace et engagé, et donne du sens à ce que nous faisons. Quels sont nos super-pouvoirs?

Nos forces de base

Une force de caractère est une composante de notre personnalité (créativité, curiosité, discernement, amour de l’apprentissage, sagesse, courage, honnêteté, joie de vivre, gentillesse, générosité, leadership, spiritualité…). C’est notre mode de fonctionnement naturel, au cours duquel nous sommes énergiques et performants. Être épanoui, c’est fonctionner grâce aux meilleurs morceaux de nous. Et utiliser nos forces de caractère nous engage dans ce que nous faisons, nous relie aux autres et nous permet de tirer du sens de ce que nous vivons. Exercer ses forces transforme la poursuite d’un objectif en possibilité de l’atteindre et convertit nos aspirations en réalité. Elles mettent donc toutes les chances de notre côté. Nos envies, à leur contact, se muent en comportements. Nous devenons réellement qui nous sommes. C’est clairement un super-pouvoir.

Il nous appartient donc de connaître et d’activer nos forces de caractère (voir encadré), et de préférer nous en servir pour créer les conditions de notre épanouissement. Leur utilisation nous entraîne vers plus de sens: nous nous sentons plus engagés et plus connectés à ce que nous faisons. J’appelle notre «trousseau de clés» les cinq premières forces du classement, celles qui illustrent le mieux les aspects positifs de notre personnalité. Ce sont nos meilleures capacités. On s’y sent bien et on est bon quand on s’en sert. Les gens qui nous connaissent, famille et amis, corroborent cette liste. Elles constituent le vrai soi, au naturel, celui dont on se sert dans tous les domaines. Quand nous respectons notre trousseau, nos forces en tête nous mènent à tout. En les nourrissant volontairement, chaque situation difficile peut être réinterprétée pour nous rassurer, nous motiver et actionner nos propres leviers.

Nos talents

Ouvrons le second coffre de nos super-pouvoirs, celui de nos talents. Si une force de caractère nous accompagne dès le berceau, les talents, eux, se sont révélés au cours de nos actions. Leur éventail est encore plus vaste que celui des forces de caractère. En fait, ils sont propres à chacun et il n’en existe pas de liste exhaustive. Ils se composent des facilités présentes dans notre corbeille dès la naissance et des ajustements qu’ont produits les expériences de notre vie. Ils mélangent nos compétences avec des caractéristiques de notre personnalité. Un talent est une façon de faire dont on ne peut pas se passer.

Être vrai

Il y a un super-pouvoir qui produit probablement les plus grandes merveilles. Il s’agit de l’authenticité. De notre manière d’exprimer nos qualités, mais aussi notre vulnérabilité. Nos failles nous rendent accessibles, et plus on en parle tôt, mieux c’est accueilli. À l’inverse, garder l’aveu pour la fin crée un sentiment de déception, même si telle n’était pas l’intention. Être infaillible n’a rien de séduisant, être authentique nous rapproche. De même l’aveu d’une peur nous rend très humains. De plus, la timidité est très attirante. 50% des personnes se considèrent comme timides. La moitié des gens sont donc insécurisés lorsqu’ils ont affaire à quelqu’un de trop sûr de lui. Dans ce cas, avouer ou montrer que l’on doute de soi est une bonne façon de se rapprocher. Plus touchante que d’avoir l’air invincible.

Connaître ses forces est précieux. C’est à peu près le seul moyen de poser un regard bienveillant sur soi-même et de rétablir la balance entre le pire et le bon. La psychologie positive ne propose jamais d’ignorer les difficultés, les émotions négatives et les blessures. Elle ne prétend pas que tout est facile, qu’il suffit de décider que tout va bien dans le meilleur des mondes. Mais elle insiste sur la richesse d’ajouter la joie à la tristesse, la fierté au doute, la reconnaissance à la critique. Elle prône l’équilibre. a

Propos recueillis par Émilie Pourbaix

Florence Servan-Schreiber. Elle est journaliste, conférencière et formatrice. Elle anime des «Ateliers d’inspiration au bonheur» pour permettre à chacun d’introduire les enseignements de la psychologie positive dans sa propre vie.

Identifier nos super-pouvoirs, c’est connaître et utiliser toutes nos qualités

5 Clés pour : Développer ses super-pouvoirs

1. Connaître ses forces de caractère. Pour cela, aller sur le site www.viame.org, cliquer sur le gros macaron à droite de l’image, et répondre aux questions posées. À la fin on obtient la liste de ses forces de caractère, c’est très facile!

2. Découvrir ses talents. Pour détecter ses talents, il faut extraire de nos meilleurs souvenirs et expériences, nos modes de fonctionnement optimaux. Pour lancer le détecteur, on se pose trois questions. 1. Quelles sont les réalisations ou activités qui me rendent particulièrement fier? 2. Qu’est-ce que je trouve excitant dans ma vie en ce moment? 3. De quoi ai-je à me réjouir dans les jours qui viennent, qu’est-ce que j’attends avec impatience?

3. Profiter de ses échecs et de ses drames. Bon ou mauvais, un événement est un moteur. Nos chutes sont un matériau de démarrage ou de redémarrage. Les plus optimistes font le tri. Ils identifient, dans leur déveine, ce qui provient du hasard et ce qui découle de leur responsabilité. Ils savent aussi repérer les «germes» possibles de renaissance et de progrès.

4. Le pouvoir de l’écriture. En cas de coup dur, écrire est beaucoup plus efficace que de parler. Une expérience a été conduite sur des personnes qui venaient d’apprendre leur licenciement. Elles devaient écrire ce qu’elles ressentaient profondément et en quoi cet événement affecterait leur vie personnelle et professionnelle. Celles qui avaient pris la peine de le faire ont ressenti une véritable amélioration de leur humeur et de leur bien-être physique. Rédiger permet de créer une histoire et un enchaînement qui nous entraînent vers des solutions alors que le récit oral augmente la confusion de la situation.

5. Dire du bien des autres. Surtout, ne dites du mal de personne si vous espérez plaire. Une étude sur les ragots démontre que nous adorons en faire parce qu’ils nous donnent l’illusion d’appartenir. Or, autant dire du bien des absents nous rend sympathique, autant en dire du mal ou les critiquer nous associe inconsciemment aux traits de caractère négatifs que nous colportons.

TÉMOIGNAGE  : Un handicap devenu une chance

Christine a perdu l’usage de son oreille droite à sept ans. Elle a cru que sa vie s’arrêtait. Pourtant, elle a fait de son handicap sa force.

Complications scolaires, moqueries de ses camarades, une moitié du monde venait de disparaître de son champ de perception. Elle a instinctivement redoublé d’efforts. Apprendre à lire sur les lèvres pour ne pas être à la traîne. Comprendre ce qui se passait autour d’elle à partir d’autres signaux. Devenir une excellente élève pour que personne ne l’interroge sur ses difficultés. Celles-ci ne se verraient pas! Trente ans plus tard, elle occupe un poste de manager qu’elle pratique avec une acuité bien à elle. Son sens de l’observation lui a permis de développer un radar qui détecte à l’avance si quelqu’un changera d’avis. Elle lit tout ce qu’émet son interlocuteur et a appris, au fil de son expérience, à classer ce qu’elle perçoit. Elle a transformé cette malchance en super-pouvoir. De surcroît, un super-pouvoir unique. Son intuition s’est décuplée. Lorsqu’elle m’a raconté son histoire, j’en avais la chair de poule. Car la perte d’une faculté physique réveille la peur universelle de ne plus savoir faire. Christine décrit son handicap comme un handicap au golf. C’est son avantage, sa botte secrète qui fait d’elle quelqu’un d’extraordinaire. Elle considère que c’est une chance mise sur sa route. Cette histoire nous rappelle de vivre chaque événement comme un cadeau, de réaliser dès que possible la valeur de l’air frais qui va entrer dans notre vie et de nous souvenir qu’il faut souvent fermer une porte pour ouvrir la suivante.

Aller plus loin :

Power patate, Florence Servan-Schreiber, Marabout, 2014

3 kiffs par jour, Florence Servan-Schreiber, Marabout, 2013

www.3kifsparjour.com

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