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Le sida n’a pas le dernier mot

17 mars 2014

Soeur Marie Stella.

Touchée par la mort de son propre frère atteint par le VIH, sœur Marie Stella  a pris le combat contre  le sida à bras-le-corps, et accompagné des milliers de personnes.

Une de mes sœurs, infirmière, m’a demandé, quand j’ai eu 15 ans, de venir m’occuper des personnes déshéritées à l’hôpital lorsqu’elle était de garde. J’ai alors été très marquée par la souffrance des personnes abandonnées à elles-mêmes. Plus particulièrement par une femme, veuve, maman de 7 enfants, qui était montée sur un baobab cueillir des feuilles et trouver ainsi un moyen de subsistance pour nourrir ses enfants. Tombée de cet arbre, elle avait été amputée des deux jambes. C’est auprès d’elle que j’ai reçu la vocation de m’occuper des personnes déshéritées, abandonnées. Cette femme, pour moi, c’était Jésus sans jambes !

Un très grand choc

Je suis entrée au noviciat des Augustines hospitalières et on m’a envoyée faire mes études d’infirmière en Belgique. C’est là que j’ai appris que mon grand frère était atteint du sida. Ce fut un très grand choc et je voulus repartir au Togo pour le lui annoncer et être à ses côtés. À travers cet événement puis plus tard sa mort, j’ai compris l’ampleur qu’allait prendre cette maladie et l’importance d’accompagner les malades, la plupart du temps abandonnés. J’ai donc décidé de rédiger mon mémoire de troisième année sur ce sujet. Je me suis beaucoup documentée et j’ai fait des stages dans des unités de soins palliatifs. Une fois diplômée, je suis rentrée au Togo où j’ai suivi une formation complémentaire sur le terrain au cours de laquelle j’ai beaucoup aimé soigner les bébés. Les sœurs m’ont envoyée en mission dans les villages pour apprendre aux mamans l’hygiène et les gestes essentiels pour améliorer la qualité des soins dispensés à leurs enfants. À l’occasion de ces visites, j’ai découvert de nombreux malades du VIH et j’ai demandé à ma congrégation de pouvoir les accompagner. En un an, je fus débordée par le nombre de patients.

En 1999, j’ai fondé l’association « Vivre dans l’espérance », dont le premier objectif était d’aider les personnes à bien mourir. Car le VIH sida a mis à mal une grande force de notre continent africain : l’unité et la solidarité familiales. C’est une maladie honteuse. Les familles dont un membre était atteint par le sida devaient cacher la personne, adulte ou enfant. Dans un premier temps, notre mission a été d’aller dans la famille, vers le malade, sans aucun jugement, afin de lui prodiguer les premiers soins, le laver, demander à la famille de nous aider à lui donner à manger, etc. En nous voyant prendre soin du malade sans crainte et sans a priori, la famille comprenait alors que nous aimions le malade tel qu’il était, dans sa maladie. Et que le malade avait encore plus besoin d’amour, et d’une famille unie autour de lui, afin de pouvoir partir paisiblement.

Mes 1500 enfants 

Avec les traitements, les temps ont changé, mais nous ne manquons pas de travail pour autant. Aujourd’hui, l’association permet de faire fonctionner trois structures de soins, de traiter 2 000 adultes. Grâce aux nouveaux traitements, nous sommes passés de 1 000 morts par an à 200 en 2008. Par ailleurs, jamais nous n’aurions pu imaginer, en créant l’association, que l’une de nos actions majeures consisterait à élever des centaines de jeunes qui font aujourd’hui notre joie et notre fierté. J’aime à dire qu’ils sont « mes » 1 500 enfants. Dans ce combat quotidien, la prière est mon arme secrète. Certains malades le sentent. Comme cette petite fille qui, en voyant le soin qu’on prenait d’elle, nous a dit : « Votre Dieu doit être bon ! Je veux devenir comme vous. » Et elle a demandé à recevoir le baptême. Chaque jour, je prie Maguy, une jeune fille qui, avant de décéder du sida comme sa maman et plusieurs autres membres de sa famille que j’ai accompagnés jusqu’au bout, m’a dit : « Il faudra être courageuse ! » Cette parole me donne en effet le courage de reprendre le travail chaque jour.

 

VIVRE DANS L’ESPERANCE, Sœur Marie Stella – Bayard jeunesse, 2013, 18 €

 

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