Julie Zenatti : « il y a quelque chose de sacré dans l’amour »

by 123dev

Rencontre. La première date sera au Bataclan. Avec ce symbole, Julie Zenatti donne le « la » d’une tournée fraternelle dans le sillage de Méditerranéennes, son album à plusieurs voix.

Propos recueillis par Magali Germain

Un an après le disque, la tournée. À 37 ans, l’impérissable Fleur de Lys de la comédie musicale Notre-Dame de Paris réunit le 3 février sur la scène du Bataclan Chimène Badi, Elisa Tovatti et Slimane pour le coup d’envoi d’une tournée exceptionnelle. La chanteuse part sur les routes les mains pleines des reprises solaires et festives de Méditerranéennes, un vrai voyage en direction d’un berceau de civilisation. Julie Zenatti est à l’initiative de ce partage des cultures. Deux fois maman, elle diffuse un intense amour de la vie. L’artiste porte une alliance à la main gauche. Julie Zenatti a dit oui à l’homme de sa vie. Mariage civil et religieux, Julie ne fait rien à moitié. Un choix fort assumé par une femme bien ancrée.

Quelle Méditerranéenne êtes-vous ? Impulsive, fidèle, excessive et nostalgique. Par où avez-vous retrouvé vos racines ?

Je porte le nom Zenatti, qui vient d’une tribu berbère, les Zénètes. Ce nom de famille s’est beaucoup promené en passant par l’Italie. Il a une vraie histoire. C’est un peu comme ça qu’est née l’idée de l’album. Je voulais pouvoir raconter mon héritage. On vient tous de quelque part. C’est souvent écrit dans le nom qu’on porte. C’est important de savoir d’où on vient. Le sujet me tient à cœur.

Ainsi est né le projet choral Méditerranéennes…

Avec des copines, on voulait adapter des chansons qui nous racontaient nos origines. Alors on a appelé différentes personnes, qui venaient de chaque côté de la Méditerranée. On voulait faire se rencontrer les cultures et les langues. On voulait un disque humain, joyeux et accessible. Devant l’engouement suscité, j’ai eu le sentiment de toucher quelque chose de sensible.

Après le disque, quelle sera la note de la tournée ?

Forte et fière. Cette tournée portée par les valeurs des femmes est « forte d’espérer ».

Quand vous aimez, vous n’aimez pas à moitié, dit-on…

C’est vrai, je suis assez entière. J’ai peu d’amis, mais ceux que j’ai je les ai depuis longtemps.

Comme votre mari, avec lequel vous vous êtes mariée civilement et religieusement, c’est vrai ?

Oui. C’était important et c’était une manière pour ma part d’honorer mes racines, ma famille. Il y a quelque chose de sacré dans l’amour. Je ne m’en étais jamais rendue compte avant. On a voulu que notre mariage soit un moment sacré, qu’il y ait de la fête, de la joie et de la spiritualité.

Vous avez pas mal d’humour tous les deux ?

Oui, on est toujours en blagues chez nous. L’autodérision est une manière pudique de dire les choses.

« L’amour me suffit et j’y crois », dites-vous. D’où avez-vous hérité cette foi ?

Je ne sais pas si j’en ai hérité, mais j’en ai été abreuvée. Tout au long de ma vie, j’ai rencontré des gens et de la bienveillance qui m’ont remplie d’amour.

Y a-t-il des couples qui vous inspirent ?

Je ne regarde pas trop ce qui se passe chez les gens. Mais ayant vécu avec le couple de mes parents, je trouve que c’est un couple qui tient bien la route malgré les épreuves, les années, les soucis. Depuis quarante ans qu’ils sont ensemble, ils sont toujours heureux, ils rigolent, ils s’embrassent, ils sont complices. C’est chouette de voir ses parents amoureux.

Savez-vous leur secret ?

C’est d’accepter que l’amour change, c’est aussi d’accepter qu’on ne s’aime pas de la même façon tous les jours et qu’on ne s’aime pas forcément au même moment. L’important, c’est de savoir se retrouver.

En amour, quand c’est l’hiver, quelle est votre recette antigel ?

Noël! Noël, c’est une bonne recette, c’est joyeux. J’adore faire des cadeaux. J’ai toujours plein d’idées. Benjamin, ça pourrait être son anniversaire tous les jours. Remarquez, lui aussi est pas mal en cadeaux.

Au printemps, qu’aimez vous recevoir de lui ?

J’aime que mon homme continue à regarder mes yeux plutôt que les yeux des filles qui passent.

Quand brille l’été, où l’inviter ?

En Corse.

En automne, vos remèdes ?

La distance souvent. On se replie chacun dans nos activités préférées qu’on ne partage pas forcément. Ça nous permet de mieux nous retrouver quand arrive l’hiver.

Entre l’amour et le confort ?

Je dirais l’amour, c’est plus confortable !

Apprenez-vous à vos enfants le chemin de la paix ?

Bien sûr. Ma fille s’intéresse beaucoup aux religions. Elle se demande qui est Dieu. Nous l’emmenons visiter aussi bien les églises que la synagogue. Elle vit entourée de cultures et de religions différentes. Elle a une bonne connaissance des trois religions monothéistes. Ça l’intéresse beaucoup, car c’est très mystérieux. La Bible est pleine d’histoires fantastiques. Après, j’ignore encore la manière dont elle s’en sert au jour le jour.

Que lui chantez-vous ?

J’ai de la chance, ma fille aime beaucoup mes chansons! Elle a découvert que Le café des délices n’était pas de moi, mais de Patrick Bruel. Elle était un peu déçue, mais bon, elle aime bien la chanter quand même…

Pourriez-vous écrire sur Dieu ?

J’ai écrit une chanson qui s’appelle Le sort du monde. Je demande audience au paradis, qu’on m’annonce auprès du Père. Il ne faut pas qu’on nous dérange. Ma demande est celle des hommes qui veulent connaître le sort du monde. J’ai le droit de voir le vrai visage de la mort et de la vie.

Pour finir, une joie de la vie à deux ?

Le fait que mon mari m’ait dit ce matin qu’il allait rentrer beaucoup plus tôt pour que je puisse avoir le temps de faire une sieste, car mon bébé n’a pas dormi cette nuit !

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