Jacques Weber : L’insoumis

by administrator

 Rencontre. On le connaît dans le rôle de séducteurs insolents, d’aristocrates belliqueux. Mais ce comédien haut en couleurs a plus d’un tour dans son sac. Pour L’1visible, il se livre et nous offre un joli moment d’intimité.

Prospos recueillis par Claire Perol

Jacques Weber, c’est avant tout une gueule. À la scène, dans les rôles qu’il endosse, il prête volontiers son ample carrure à des personnages charismatiques, et cela lui va bien. Cet homme-là n’a pas sa langue dans sa poche. Contrariant, le petit surdoué du Conservatoire national de Paris dédaigne, à 23 ans, la Comédie Française pour rejoindre Robert Hossein à Reims. Il trace alors sa route entre théâtres et tournages, jusqu’à ce rôle qui le consacre aux yeux du grand public : celui du Comte de Guiche dans Cyrano de Bergerac (Jean-Paul Rappeneau, 1990), pour lequel il obtient un César.
Jacques Weber, à la ville, c’est un homme qui s’avoue timide, qui aime la douceur et la solitude. Qui admire Gandhi et saint Augustin. Encore une fois, il ne l’envoie pas dire.

Quel est votre principal trait de caractère ?

La timidité.

Ce que vous vouliez être quand vous étiez petit ?

Sapeur pompier.

Le défaut qui vous handicape le plus ?

Le manque de confiance en moi.

Votre rêve le plus fou ?

Jouer la comédie sans arrêt, sauf pour dormir.

La qualité que vous aimez chez une femme ?

La douceur.

Vos héros ?

Gandhi ou Mandela. Des gens réels qui ont changé le monde sans violence, par la pensée et la méditation.

À qui pensez vous le plus souvent dans votre journée ?

Au rôle que je jouerai le soir.

Quel est votre premier geste le matin ?

  Faire un café.

Votre couleur ?

Le bleu Klein.

Votre réalisateur favori ?

Jean Renoir ; je suis aussi un fou de Rossellini et Kurosawa. Pialat plus récemment.

La pièce de théâtre ou le tournage qui vous a le plus marqué ?

Pour le cinéma, Cyrano avec Jean-Paul Rappeneau. Pour le théâtre, Cyrano à Mogador.

Votre saint préféré ?

Saint Augustin.

La personne qui vous a fait croire en l’homme ? 

Shakespeare. Il a représenté la matière poreuse du monde.

Celle qui vous a montré le chemin vers Dieu ? 

La scène du théâtre !

Votre priorité ?

Ma femme et mes enfants.

Ce qui vous a fait choisir la comédie ?

La Fontaine ; et un numéro de transformiste vu à la télévision, en noir et blanc.

Le livre que vous emmèneriez sur une île déserte ?

À la recherche du temps perdu.

Si vous étiez une église, laquelle seriez-vous ?

Une église minuscule, trop petite pour moi, en grosse pierre, toute nue, paumée dans les landes bretonnes.

Un grand témoin de la foi ?

Le revirement de Charles de Foucauld. Et Jean XXIII, pour sa bonté, son immense intelligence : l’équilibre d’une bonne foi !

Un souvenir du catéchisme ?

L’horreur : pour me punir, on m’avait demandé de me mettre à genoux dans l’allée centrale. Je refusais tout en pensant qu’en refusant, je me mettrais en état de péché mortel !

Comment cultivez-vous votre vie intérieure?

Solitude, lecture et longues marches tout seul.

Votre prière favorite?

Je n’ai plus de prière favorite par refus des obligations.

Comment aimeriez-vous mourir?

J’aimerais ne pas avoir la surprise de l’effroi. Mais Bernanos nous dit que ce n’est pas si simple. Je voudrais avoir la force d’aborder la mort avec sagesse.

Vous aimerez aussi

Leave a Comment

Vous aimez lire

Renseignez votre adresse email ci-dessous
Vous recevrez ainsi chaque mois L’1visible gratuitement dans votre boîte mail

NON MERCI