Emmanuel B. : Graff addict

by administrator

L’art du « graff » était sa passion. Constatant ses effets ravageurs, il tente d’arrêter. Impossible ! Aujourd’hui, après un coup de pouce providentiel, libéré, Manu « peint » non plus pour sa propre gloire mais pour celle d’un autre.

 

A l’âge de 12 ans, je me suis intéressé au graff (tag). Le graff, c’est avoir un « blaze », un pseudonyme que l’on cherche à faire connaître à tout prix. Petit à petit, c’est devenu de plus en plus important pour moi. Je peignais des murs d’autoroutes, des voies ferrées, puis au bout de quelques années, des trains, quelques métros et RER. J’avais beaucoup d’ambition… J’ai vécu mes premières arrestations avec garde à vue. Puis, sont venues les perquisitions à domicile. Je suis passé deux fois au tribunal et m’en suis sorti avec des amendes et des travaux d’intérêt général. Une enquête a été ouverte sur notre groupe, enquête qui aurait pu nous coûter cher si elle avait abouti. Je promettais souvent à mes parents d’arrêter mais sans y parvenir : cette passion, c’était ma vie !

Garde à vue 

En mai 2003, avec deux amis, nous nous sommes faits arrêter après une course-poursuite avec la police alors qu’on graffait un train. Nous sommes restés toute la nuit en garde à vue. Mes parents ont été prévenus. Quand ils m’ont vu revenir, j’ai compris qu’ils étaient vraiment déçus. Ils pleuraient. Je me suis dit : « Manu, tu ne peux pas faire tout ce que tu veux. O.K., le graff est ta passion, mais tu fais trop de mal autour de toi.» J’ai alors décidé d’arrêter. Mais impossible ! C’était devenu une drogue. Je n’y arrivais pas… Six mois plus tard, un de mes amis n’allait pas bien. J’ai pensé que peut-être Dieu pourrait l’aider. Nous sommes allés à des réunions dans la paroisse de mon quartier, qui s’appelaient « parcours Alpha ». Après un bon repas, suivait un enseignement sur un sujet lié à la foi chrétienne, puis un petit groupe de discussion. Il y avait vraiment une bonne ambiance. Après la première séance, mon ami m’a dit : «Je reviens si tu reviens. » Nous y sommes retournés ensemble pendant plusieurs semaines. Au milieu de ce parcours, on nous a invités à un week-end sur l’Esprit Saint, qui, nous affirmait-on, agissait de façon concrète. Alors, si l’Esprit Saint pouvait agir dans la vie d’autres personnes, peut-être pourrait-il m’aider moi aussi ? J’ai fait cette prière : « Seigneur, j’ai envie d’arrêter le graff depuis six mois et je n’y arrive pas. Est-ce que tu peux faire quelque chose pour moi ? » Aussitôt, je me suis mis à pleurer, sans savoir pourquoi. J’étais assis au fond de la salle, heureux que personne ne me voie pleurer pendant quarante-cinq minutes… Sur le moment, je n’ai pas fait le rapprochement avec ma prière.

Ma vie a changé

Le lendemain, je rencontre un de mes compagnons de graff. Il me raconte ses exploits de la veille et, à mon grand étonnement, ça ne m’intéressait plus du tout… Après l’avoir quitté, je me suis rendu compte que les tags que je voyais me laissaient indifférent ! Une fois rentré chez moi, j’ai feuilleté mes magazines, mes books, sans rien éprouver.

Comme je le lui avais demandé, Dieu m’avait libéré de cette passion que je pratiquais depuis sept ans, instantanément, sans aucun effort de ma part. Toute ma vie a changé. Le graff, qui me prenait tout mon temps libre, n’était plus mon centre d’intérêt. En quelques semaines, je me suis donc éloigné de mes amis. Je perdais mes repères habituels, mais j’étais sûr de mon choix. Je me suis mis à la recherche de jeunes qui priaient et croyaient en l’action concrète de Dieu. Petit à petit, le Seigneur a remis de l’ordre dans ma vie pour me rendre toujours plus libre. La Bible m’a beaucoup aidé sur ce chemin de reconstruction. Quelques années plus tard, j’ai senti un appel à servir Dieu par les talents artistiques qu’il avait déposés en moi. J’ai développé des projets de graffiti orientés vers Dieu dans des endroits autorisés et exposés à la vue de tous, ainsi qu’un travail sur toile. Le Holy Graffiti est là pour rendre à Dieu la gloire qui lui revient ! Et servir Dieu en se faisant plaisir est un réel bonheur.

Emmanuel B., membre du collectif « IV My people of prophets » Extrait de 40 prophètes pour une génération,  Éd. Première partie

 

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