Dorothée : « J’ai retrouvé la joie de vivre »

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Enfant, Dorothée a été abusée sexuellement pendant huit ans par un membre de sa famille. Après des années d’oubli, elle prend un jour conscience de ce qui est arrivé… Elle s’effondre.

Propos recueillis par Laurence Meurville.

De l’âge de 6 ans à 13 ans, j’ai été abusée sexuellement par un membre de ma famille. C’était tellement horrible que mon cerveau m’a fait oublier ces événements pendant plus de 20 ans.

Pendant toutes ces années, j’ai cherché à me détruire par tous les moyens possibles : automutilation, anorexie, boulimie, etc. Je voulais que les hommes m’oublient, qu’ils ne me remarquent pas, et surtout, qu’ils ne me désirent pas.

« Je fais quoi avec tout ça ? »

En 2007, j’allais tellement mal que je ne parvenais même plus à aller travailler. J’ai dit alors à Dieu : « Tu m’as abandonné ! Je vais très mal, et tu n’es pas là ! » J’ai décidé d’aller consulter plusieurs médecins et, avec leur aide, j’ai pu mettre des mots sur ce qui s’était passé dans mon enfance. Les souvenirs sont revenus alors avec une intensité incroyable. C’était très difficile à supporter. Révoltée, je me suis de nouveau tournée vers Dieu et je lui ai dit : « Maintenant, je fais quoi avec tout cela ? » C’était trop lourd à porter pour moi. J’étais complètement désemparée et, intérieurement, au bord de la rupture.

J’avais décidé d’en finir avec Dieu. Il ne m’avait pas écoutée, il ne m’avait pas répondu. Je n’avais rien à attendre de lui. C’est alors qu’une amie m’a invitée à l’accompagner à un pèlerinage. N’ayant rien de mieux à faire à ce moment-là, et contre toute attente, je me suis entendue accepter cette proposition. Une fois sur place, quelqu’un a lu un passage de la Bible, et je l’ai entendu comme s’il m’était adressé personnellement. « Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous persécutent. » Depuis que j’avais compris ce que j’avais vécu dans mon enfance, j’avais essayé plein de choses pour m’en sortir. Mais rien n’avait réussi à me soulager, à me libérer, à me faire sortir de ce véritable chaos intérieur. Alors, en entendant cette parole, je me suis dit : « C’est sans doute la dernière chose que je peux essayer de faire. » Je voulais bien mettre en œuvre cette parole, mais seule, j’en étais absolument incapable.

Un ami

Alors, de nouveau, je me suis adressée à Dieu : « OK, j’accepte, mais il faut absolument que tu m’aides ! » À partir de ce petit oui que j’ai prononcé, j’ai fait l’expérience que Dieu était très proche de moi, et que je pouvais toujours lui parler comme à un ami. Je pouvais lui confier mes soucis, mes contrariétés, mais aussi mes joies. Il me répondait toujours, à sa manière, sans faire de bruit. Par mille petites circonstances, il m’a montré combien il était plein d’amour pour moi et à quel point j’étais faite pour la vie, pour l’amour. C’était cet amour que je recherchais depuis toujours dans mon cœur. Et moi qui pensais avoir perdu définitivement mes émotions et ma joie de vivre, je les ai retrouvées petit à petit à travers ce chemin. Cette blessure que je pensais impossible à guérir, mystérieusement, Dieu l’a utilisée pour me rapprocher de lui et de son amour.

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