Benjamin Boisson : Pour l’humour de Dieu

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 Frappé par une leucémie à 12 ans, guéri miraculeusement quelques années plus tard, Benjamin est aujourd’hui prêtre… et clown !

Propos recueillis par Laurence Meurville

Le 18 octobre 1978, à l’âge de 12 ans, je suis emmené d’urgence à l’hôpital où le médecin apprend à mes parents que je suis atteint d’une leucémie foudroyante : j’ai une chance sur quatre de survivre. Tout s’écroule pour eux et pour moi. Je me retrouve devant la mort, sans avoir eu le temps de vivre encore. C’est la révolte et l’incompréhension, sauf pour ma mère. Elle se tourne vers la prière qui a déjà été son secours dans d’autres drames familiaux. Je suis placé en chambre stérile et je deviens ce qu’on appelle communément un « enfant bulle ». Plus de contacts directs avec mes parents, mais masques, gants et blouses, car ma défense immunitaire est mise à mal par les traitements de chimiothérapie. Les rayons me font perdre le peu de force qui me reste, ainsi que mes cheveux blonds. L’épreuve est rude et les traitements difficiles, mais le médecin insiste pour que je retrouve une vie normale. Ma famille est convoquée en entier pour trouver un donneur de moelle compatible. Les périodes d’hospitalisation vont s’étaler sur quatre ans et demi, avec des périodes de scolarité plus ou moins réussies. Pendant cette période, je reste en retrait de la foi, révolté contre Dieu.

un nouveau souffle de vie
Malgré tout, le 1er mars 1982, je participe à un week-end spirituel avec ma mère. Elle me demande alors si je veux bien que l’on prie pour moi. J’accepte. J’entre dans une petite pièce où un petit groupe de personnes est rassemblé et prie pour moi. Un prêtre anime la prière et dit avec autorité : « Viens, Seigneur, sur la maladie de Sylvain, viens dans sa moelle malade. » Et il me donne le sacrement des malades, huile sur le front et les mains, tout cela dans une grande ferveur. Je suis très ému. Je sors dehors et c’est lorsque je m’arrête au centre de la cour qu’il se passe quelque chose d’incroyable…
Je sens à l’intérieur de mon corps que la maladie s’en va comme des cendres ou de la neige qui descend du haut de la tête au bas des pieds et qui part par la plante des pieds, une sorte de purge intérieure. Je sais alors intérieurement que c’est fini : je suis guéri ! Je ne le sais pas avec ma tête et mon raisonnement, je le sais par mon corps. Je suis rempli d’un nouveau souffle de vie. Je m’affale par terre et je pleure de joie. Jésus m’a guéri de ma leucémie !
Le lendemain comme prévu, je vais à l’hôpital pour une semaine de traitement. Là, je raconte ce qui s’est passé à tout le monde. Au bout d’un moment, on m’oriente vers le pédopsychiatre. Devant mon récit, elle me dit que c’est l’émotion qui a été très forte. Je lui réponds : « Écoutez, tout ce que je peux vous dire, c’est que j’étais leucémique et que maintenant je ne lui suis plus ! » Je suis persuadé que Dieu m’a réellement guéri. Effectivement, pour la première fois, mes résultats de moelle sont bons… Les médecins nous disent : « On ne trouve plus rien dans la moelle de Sylvain… » Me revient alors en mémoire la prière du prêtre : « Viens dans la moelle de Sylvain ! » Pour la science, je suis guéri, et donc « libéré » des médicaments et de mes séjours à l’hôpital. Je suis suivi régulièrement et la guérison se confirme dans le temps.

L’importance de la joie
Au cours de cette épreuve, j’ai découvert, grâce aux « clowns à l’hôpital », l’importance de la joie et l’humour qui transcendent la souffrance. Déjà, j’ai hérité de mon père et de mon grand-père, les boute-en-train de la famille, une bonne humeur légendaire qui m’a permis de surmonter bien des souffrances, au grand étonnement du personnel médical. Aujourd’hui, je suis prêtre et, parmi mes activités, j’anime des sessions « Rire et prière ». Je peux vous l’assurer : la vie chrétienne n’est pas triste !

 

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