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Au nom du père

4 mai 2011

aun nom du père

Rempli de haine envers son père qui a tué sa mère sous ses yeux quand il était enfant, Joseph sombre dans l’alcool. Il vit à la rue. Un jour, un homme l’aide à relever la tête.

J’avais 7 ans. Un jour, dans une crise de démence, mon père, qui était alcoolique, a tué ma mère sous mes yeux. Moi aussi, il a voulu me tuer. Heureusement, les voisins ont appelé les gendarmes qui l’en ont empêché. Après, je me suis retrouvé à la DDASS, puis dans une famille d’accueil. Je n’avais plus qu’une idée en tête : tuer mon père pour venger ma mère. Mais il est mort trois ans après. Cette mort me privait du but que je m’étais fixé. Je ne l’acceptais pas. Ma jeunesse en a été très perturbée. J’ai raté mes études et je me suis retrouvé à la rue, à Grenoble, sur un banc. Je ne faisais que boire. J’étais violent. C’était une mort lente. Il n’y avait plus d’issue.

Une haine dévastatrice

Un jour, un homme qui passait devant moi tous les matins depuis trois ans m’interpelle : « Comment fait-on pour vivre trois ans sur un banc sans bouger ? » Et il m’invite à boire un café. Cet homme est un prêtre, mais je ne sais pas ce que c’est. Puis il me donne quelques euros pour que je puisse acheter un sandwich. « Et reviens quand tu veux », me dit-il. Quelque temps après, il m’envoie en cure de désintoxication. Mais je rechute. À la dernière cure, je partage ma chambre avec un vieux monsieur. J’entame la conversation : « Tu fais quoi ? » « Curé. » « Comme mon pote Raymond ! » Tous les jours, cet homme semble par moment parler à quelqu’un. Je l’interroge. « Je prie », m’explique-t-il. « C’est quoi ? » Il commence à m’expliquer et me demande si j’ai, moi aussi, quelque chose à demander à Dieu. « Trouver une maison de repos. » Sans cela, je risque de rechuter dans l’alcoolisme. Il se met à prier : « Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Seigneur Jésus, je te présente Joseph. Fais qu’il trouve une maison de repos. Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. » Le dernier jour, au dernier moment, l’assistante sociale m’annonce : « On t’a trouvé une maison ! »
À peine installé dans ma nouvelle chambre, on frappe à ma porte. « Je suis le père M. » Il me demande d’aller chercher Benoît, un jeune handicapé, dans sa chambre, pour l’emmener à la messe. Ce que je fais. À un moment, Benoît me demande de l’approcher du prêtre qui lui dit : « Le corps du Christ », en lui tendant quelque chose. Après la messe, Benoît m’explique que pour recevoir le « corps du Christ », il faut être baptisé. Sans comprendre très bien, et pour faire comme lui, je demande donc le baptême, que je reçois trois mois après, compte tenu de mon état de santé déficient.

Libéré par le pardon

Un jour, j’emmène, à sa demande, une amie dans la Drôme où elle veut aller prier Marthe Robin (1). Là, je suis invité à rester une semaine pour suivre une retraite spirituelle en silence. Le prêtre qui l’anime me reçoit. « Je sais ce que tu as vécu. Tu ne peux pas continuer à vivre avec cette haine de ton père dans le cœur. Profite de cette semaine pour lui pardonner. Dépose tout ici. » Deux jours après, n’en pouvant plus à force de lutter, je vais voir le prêtre et lui dis : « Je pardonne à mon père d’avoir tué ma mère… » Et je remets toute ma haine envers mon père. C’est ma première confession. Le prêtre me donne le pardon de Dieu, se lève et il me dit : « Viens mon fils », en m’embrassant. J’attendais cet instant depuis l’âge de 7 ans. Je suis resté plusieurs semaines dans ce lieu spirituel où j’ai commencé à reprendre goût à la vie. Trois ans après, je suis parti me former dans une école d’évangélisation. C’est là qu’est né mon appel à témoigner de mon histoire. En revoyant ma vie, je réalise que Dieu est venu rejoindre l’enfant détruit que j’étais pour le remettre sur pied et faire de moi un homme libre et heureux.a Propos recueillis par Laurence Meurville.

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