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Catherine Langlois : Au bord de l’abîme

3 janvier 2011

CATHERINE LANGLOIS

Le jour où son mari lui annonce qu’il a une maîtresse, Catherine Langlois perd tous ses repères. Avant de trouver un nouvel amour, inattendu…

 

Alors que j’avais 12 ans, mon frère aîné, âgé de 18 ans, est décédé d’une leucémie. Mes parents, profondément révoltés, ont cessé de fréquenter l’Église. Peu portée sur la foi, cela ne m’a pas vraiment dérangée. J’ai commencé en revanche à me poser des questions sur la maladie et la mort. Adolescente, face à la tristesse de mes parents, j’ai cherché à ne jamais faire de vague. J’étais toujours en retrait, très mal dans ma peau. À 18 ans, pourtant, j’ai rencontré un garçon. On s’est marié trois ans plus tard. À l’Église, parce que cela se faisait, mais sans aucune préparation. Mon mari était photographe, il travaillait à Paris. J’ai quitté mon Nord natal pour m’installer avec lui. J’ai découvert en même temps le stress de la vie parisienne et la dureté du monde du travail. J’étais très bien avec mon mari, nous vivions une vraie fusion. Mais pour le reste, j’avais tendance à penser : « L’enfer, c’est les autres ! » Je travaillais dans une agence de publicité où les relations n’étaient pas tendres. J’avais du mal à m’affirmer. Je ne savais pas qui j’étais et de quoi j’étais capable. Plus tard, nous avons eu deux enfants. Nous vivions alors sans Dieu et cela ne nous manquait pas. Mon mari aimait sortir, jouer au tennis, aller à la chasse.
De mon côté, très prise par mon travail, j’aimais, une fois rentrée à la maison, me reposer et m’occuper des enfants. Et ne sachant toujours pas trop ce que j’aimais ou pas, je le laissais partir. Peu à peu, nos deux trajectoires de vies ont commencé à s’éloigner. Et un jour, mon mari m’a annoncé : « J’ai eu un coup de foudre. » Il avait rencontré une artiste.
Complètement perdue, je me suis alors posé mille questions : « Que signifie aimer ? Qu’est-ce qui dure ? Qu’est-ce que j’ai fait de ma vie jusqu’ici ? » Moi je m’étais mariée « pour toujours » : je ne comprenais pas ce qui m’arrivait… Mon mari a
suggéré que nous restions ensemble, tout en poursuivant sa liaison. C’était insupportable. Je ne vivais plus et ne pouvais plus m’alimenter. Il fallait pourtant que je reste debout pour les enfants. J’ai donc décidé de demander le divorce. Cela a été réglé en six mois. Dans cette période très douloureuse, j’ai failli sombrer dans l’alcoolisme.

Pourquoi pas toi ?
Un jour, ma fille âgée de cinq ans m’a dit en rentrant de l’école : « Maman, j’aimerais être baptisée. » En effet, son frère l’était mais pas elle. Surprise par cette demande, je me suis renseignée. Pour moi, l’Église était une institution très
poussiéreuse. À mon grand étonnement, j’ai découvert à l’inverse dans mon quartier des prêtres jeunes et des laïcs dynamiques et joyeux.
Je croyais rêver ! Nous avons donc commencé à aller à la messe le dimanche, une messe pour les familles. Pendant l’homélie, le prêtre posait des questions aux enfants. Cela me permettait de tout reprendre à zéro. Je me mettais au fond de la crypte et, à chaque fois que les gens s’avançaient pour aller communier, ma fille se retournait vers moi, me
faisant comprendre : « Et pourquoi tu n’y vas pas, toi aussi ? » J’ai fini par prendre rendez-vous avec le prêtre qui la préparait au baptême. C’était une démarche difficile mais je suis sortie de cette rencontre heureuse et libérée. Je pouvais enfin recevoir le Corps du Christ ! J’ai été peu à peu transformée, au point que mes amis ne me reconnaissaient plus. Grâce à ma relation avec Dieu, je découvrais en effet que j’existais et que j’avais des talents ! Il me révélait
profondément qui j’étais. Puis j’ai pris le chemin de la prière, ce coeur à coeur avec Dieu qui peut combler toute une vie. En lui, j’ai trouvé le vrai visage de l’amour. Un amour fidèle, sur lequel je peux me reposer. Et mon bonheur est aujourd’hui de l’annoncer à tous ceux qui le cherchent. Propos recueillis par Laurence Meurville

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