Ils ne sont pas sur le devant de la scène, et on en entend rarement parler. Pourtant, sans eux, les expositions n’auraient pas la même saveur. Au même titre qu’il est impensable de réaliser un film sans scénariste, concevoir une exposition sans muséographe est presque mission impossible ! C’est en partie grâce à leur travail que chacun peut sortir d’un musée avec le sentiment de s’être évadé le temps d’un instant.
La muséographie est un travail de compréhension et d’écoute attentive des artistes et des commissaires, c’est-à-dire ceux qui s’occupent de la programmation et de l’organisation des expositions. Quand le muséographe a saisi leurs idées, il peut démarrer son processus de création. Agnès de Palmaert, scénographe et muséographe indépendante depuis 2005, explique la méthode. Il faut « réfléchir au parcours que les visiteurs vont effectuer, puis modifier l’espace prévu de telle sorte que les gens aillent à la rencontre de l’œuvre, le plus intimement possible. » Comme un chef d’orchestre, le muséographe réalise son projet en équipe avec une multitude d’intervenants, des graphistes aux scénaristes en passant par des artisans.
Toucher le cœur
En travaillant sur leurs projets, ces passionnés d’art ont tous l’objectif de faire vivre des émotions aux visiteurs. Ils s’adaptent à leur public en se posant la question : « qu’est-ce qui touche le cœur, ou va simplement ricocher ? » Pour créer le beau et faire vibrer les âmes, les muséographes jouent sur les cinq sens : la vue, le goût, l’odorat, le toucher, et l’ouïe. « Pour le toucher par exemple, il existe des expositions interactives, permettant au visiteur de jouer un rôle dans le parcours. D’autres priorisent la vue avec des panneaux et des écritures » raconte Agnès de Palmaert.
Il n’y a pas de recette miracle, chaque muséographe a ses techniques et ses inspirations : un livre, un silence, un mot… et même Dieu. « Quand je crois dans un projet, spirituel ou non, il m’arrive de confier mon travail à Dieu ! » avoue Agnès de Palmaert.