Christine : « DIEU M’AVAIT VUE ET N’ALLAIT PLUS ME LÂCHER »

by Alexandre Meyer

Christine a été rejetée par sa famille. Elle a connu l’échec scolaire, la rue, les squats, l’alcool, la drogue, les tentatives de suicide. Le regard d’un inconnu a changé le cours de son existence…

PROPOS RECUEILLIS PAR ALEXANDRE MEYER POUR DÉCOUVRIR DIEU

Mes parents vivaient et travaillaient ensemble, sans arrêt. Nous étions six enfants, mais pas une famille. Je n’ai plus le moindre lien avec eux. Pour l’un de mes frères, je n’existais même pas, j’étais transparente. À l’école j’ai subi les brimades et les punitions d’une maîtresse tyrannique. J’étais révoltée, opposée aux adultes qui m’oppressaient. J’ai redoublé trois fois, subi trois années de suite cette maîtresse qui a brisé mes capacités scolaires. Je n’ai jamais fait un seul devoir de ma vie.

« JE NE SUIS JAMAIS REVENUE »

J’étais si mal dans cette famille que la rue est devenue un terrain de jeu, un endroit où je me sentais vivante, libre. En internat, j’ai fait mes premières fugues jusqu’à ne plus jamais revenir. Je suis partie en pleine nuit et je ne suis jamais revenue. Je volais dans les magasins et je portais un poignard pour faire du stop, j’ai vécu de la mendicité, connu des hommes qui ne faisaient que passer. J’ai beaucoup bougé, pris des drogues, de l’alcool, des barbituriques, jusqu’au coma, connu des situations catastrophiques. Je dormais dans des halls de gare, dans des squats.

« J’AI VOULU ME TAILLADER LES VEINES »

Avec ma bande, on s’est mis aux amphétamines et ce fut la descente aux enfers. J’avais des tics, des tocs, j’entendais des voix, j’étais parano. J’ai fait plusieurs tentatives de suicide. À Lyon, au bord du Rhône, j’ai voulu me taillader les veines, prendre des médicaments et me jeter à l’eau, mais loin, de l’autre côté du fleuve, j’ai vu un clochard aux yeux d’un bleu ! Je ne voyais que ses yeux qui me regardaient et toutes mes pensées morbides sont parties. Je crois que j’ai rencontré un ange. C’était miraculeux.

« Je n’existais plus pour personne et des chrétiens en maraude sont venus »

« QUITTE TOUT ET SUIS-MOI »

Je me suis levée sans bien comprendre et quinze jours plus tard, je faisais la rencontre la plus importante de ma vie. Mon corps était à bout. J’étais allongée sur le sol, sur un trottoir, je n’existais plus pour personne et des chrétiens en maraude sont venus. Ils m’ont dépassée en pensant qu’il n’y avait plus rien à faire. Mais obéissant à une sorte d’appel intérieur, ils ont rebroussé chemin, m’ont parlé de Dieu. Je n’ai rien compris et pourtant ils m’ont emmenée jusqu’à leur église où j’ai pleuré, pleuré, pleuré. Dieu m’avait vue et n’allait plus me lâcher. J’ai eu le sentiment que Dieu me disait : « Quitte tout et suis-moi. » Un 24 décembre, je suis entrée en hôpital psychiatrique, c’était le début de ma reconstruction.

« OSEZ REGARDER »

J’aimerais que mon histoire puisse construire des ponts entre les gens et les aider à voir l’invisible. Sans soutien ni famille ni formation ni rien, j’ai voyagé, rencontré des familles incroyables qui m’ont reconstruite. Je me suis mariée, j’ai fondé une famille. Osez regarder, n’ayez pas peur des personnes qui sont dans le besoin. Vous pouvez faire quelque chose pour elles, devenir un maillon de la chaîne.

Le témoignage de Christine Gallay, Il m’a donné un nom, a paru en 2020 aux éditions Première Partie (128 p., 13 €). Vous pouvez retrouver d’autres témoignages comme le sien en vidéo, en vous connectant sur decouvrir-dieu.com

 

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