Au lendemain de la Toussaint, on célèbre les défunts. Que deviennent ces derniers après leur mort et quelle relation peut-on avoir avec eux ? Le recteur du sanctuaire de Montligeon nous éclaire sur le sujet.
Par Antoine Lemaire
Que fête-t-on exactement lors de la fête de la Toussaint et de celle des défunts ?
Au jour de la Toussaint, on fête tous les saints qui sont dans la gloire et qui nous précèdent auprès de Dieu. Les saints sont ceux dont on est sûr qu’ils sont dans la vie éternelle, car l’Eglise nous l’a dit.
Le lendemain, 2 novembre, nous prions pour tous les défunts qui ne sont pas encore entrés dans cette gloire. C’est une tradition instaurée par les moines bénédictins au Xe siècle. Nous prions pour eux à chaque messe, mais là, c’est une fête qui leur est toute entière dédiée.
Nous ne pouvons pas savoir où se trouve l’âme de nos défunts ?
Effectivement, nous ne savons pas où ils sont. Mais, dans notre prière, nous pouvons demander au Seigneur de les accueillir, de les faire entrer dans la joie s’ils n’y sont pas encore.
Nous ne sommes pas dans le cœur de nos défunts, et seul le Seigneur sait ce qu’y s’y trouve. Il est celui qui nous connaît vraiment au plus profond de nous-mêmes. Il sait, Lui, les blessures, les fragilités… et il voit les ouvertures ultimes que nos défunts ont pu faire à Son amour.
Le Seigneur est un père miséricordieux, et il faut lui faire confiance.
Ayons en tête cette parole de saint Paul : « Dieu veut sauver tous les hommes. Il ne veut en perdre aucun. »
Si on était fâché avec une personne qui décède subitement, que se passe-t-il ?
Benoît XVI a une phrase très forte à ce sujet dans son encyclique Spe Salvi : « Ce n’est jamais trop tard, et jamais inutile ». On peut, par la prière, leur adresser un remerciement ou une demande de pardon. Cela peut même les aider dans leur purification. On peut leur apporter un peu de fraicheur et de consolation et ils le sentent.
Comment peut-on s’adresser à nos défunts ?
On ne peut pas s’adresser directement à eux. Ce serait de la nécromancie, et c’est une abomination aux yeux de Dieu. En revanche, nous vivons une relation avec nos défunts car nous sommes reliés à eux grâce à Jésus Christ. C’est Lui qui est un pont, une sorte de relai. Nous pouvons lui confier nos défunts, lui dire : « Seigneur, fait sentir à … que je l’aime, que je lui demande pardon ». Evidemment cela ne nous dispense pas du deuil, de la séparation, de la tristesse, qui sont des sentiments humains. Même le Christ est passé par la mort.
Pour résumer, n’oublions pas de mettre Dieu dans la boucle. Notre relation à nos défunts n’est pas en « one to one ». Si je parle de « mon » défunt, je ne peux pas faire le deuil et je suis dans une relation qui n’est pas juste. Le défunt n’est pas en train de flotter au dessus de ma tête, il est auprès de Dieu : il y a une vraie rupture, une séparation radicale.
Que peut-on se dire pour faire de la fête des défunts un jour heureux et non maussade ?
Peut-être qu’on peut essayer de leur faire un cadeau. Il y a beaucoup de possibilités : je peux l’inscrire à la fraternité de Montligeon, où une messe est dites chaque jour de l’année pour les défunts. Je peux demander une messe dans ma paroisse, je peux aller au cimetière… Si le cimetière est trop loin, je peux aller dans une église. Je peux également mettre une image de la Vierge Marie et du défunt et dire « je te redis merci pour le mari, l’amie, l’enfant ou la mère que tu as été, je te demande pardon… »
Je peux aussi toucher leur cœur en faisant quelque chose pour eux, leur offrir un geste de fraternité que je distribue autour de moi.





