QUAND L’ENFANT SE FAIT DÉSIRER

by Alexandre Meyer

Le désir d’enfant peut être très fort mais également chargé de crainte : « Serons-nous de bons parents ? Saurons-nous l’aimer ? » Il arrive que la nature surprenne nos volontés humaines. Ce désir est un sentiment complexe qui se réfléchit à deux car il implique une responsabilité et une maturité des parents.

PAR AGNÈS REYNAUD – PROPOS RECUEILLIS PAR ALEXANDRE MEYER

Le désir d’enfant est mêlé de désirs conscients et inconscients. Pour bon nombre de femmes, ce désir s’enracine dans l’enfance.

De nombreuses fillettes s’identifient à leur mère ou à la fonction de mère par la chaleur, la ten- dresse et le dévouement dont elles bénéficient. Le petit garçon veut devenir comme son propre père, son égal. Le désir d’enfant s’endort ensuite pour mieux se réveiller à la puberté, moment où la fille et le garçon vont devenir féconds. « Le changement physiologique va s’accompagner d’une maturation psychique qui, progressivement, va l’amener à la rencontre amoureuse et au désir d’enfanter », explique Myriam Szejer, psychanalyste et pédopsychiatre à la maternité de l’hôpital Foch, à Suresnes.

Il y a l’instinct sexuel. L’individu est habité par la force de vie présente au cœur de la nature. Ne sommes-nous pas programmés pour donner la vie?

LA QUÊTE DU BONHEUR

Le sociologue Gérard Neyrand affirme que « l’enfant est devenu une norme obligatoire et généralisée de la réalisation personnelle. La maternité est vécue comme une expérience irremplaçable, avec une dimension narcissique très forte, parfois inconsciente, du prolongement de soi, à travers l’enfant. » La femme accomplie est celle qui est mère. On ne serait vraiment homme que si l’on a prouvé sa virilité, que si l’on existe comme père dans la société. Parfois, nous donnons vie à un enfant qui réalisera les rêves auxquels nous avons dû nous-mêmes renoncer. Nous pouvons vouloir recréer l’enfant que nous avons été pour réparer les erreurs ou même s’acquitter d’une dette de vie à l’égard de sa propre mère pour le premier enfant. Toutes ces motivations sont plus ou moins conscientes, elles révèlent une recherche du bonheur. Il y a le désir de s’inscrire dans une lignée, de prolonger une histoire familiale.

QUAND NATURE ET DÉSIR NE SE REJOIGNENT PAS

Quand un homme et une femme s’aiment, ils éprouvent un élan naturel à transmettre la vie, l’enfant est le fruit de leur amour. Il entre dans le projet de vie du couple, le désir de construire une famille. L’amour vrai se vérifie dans ce désir d’en- fant. Pour les croyants, l’enfant est une bénédiction, un don de Dieu. «Il a du prix aux yeux de Dieu » (Isaïe 43, 4). « J’ai vécu la naissance de chacun de nos quatre enfants comme un véritable miracle ! Dieu nous fait ce cadeau immense de transmettre la vie ! » s’émerveille Agnès. Cependant, il arrive que la nature contrecarre les projets humains, on n’a pas forcément un enfant quand on veut et parfois il arrive quand on ne le veut pas. En France, il faut compter six mois, en moyenne, pour concevoir un enfant dans un couple où la femme a moins de 30 ans. Le besoin de démarrer une carrière, d’avoir une stabilité financière contribuent à repousser l’âge du pre- mier enfant qui est de 31 ans en région parisienne. Or la femme est la plus fertile entre 20 et 35 ans.

UNE MÉTHODE SCIENTIFIQUE ET NATURELLE

La France garde le taux de natalité le plus élevé d’Europe : 1,89 enfant par femme, bien que le nombre de naissances diminue chaque année depuis cinq ans.

Au moins un couple sur six rencontre des difficultés à concevoir. L’Organisation mondiale de la santé définit l’infertilité (à ne pas confondre avec la stérilité) comme l’impossibilité de concevoir pour un couple après avoir essayé durant un an sans contraception. À l’heure de la conversion écologique, il est bon de connaître une méthode scientifique et naturelle, pour accompagner les couples confrontés à cette difficulté : la NaPro- Technologie (Voir les 5 repères).

Constance de Régloix, qui a participé à un week- end « Couples en espérance d’enfant » à l’île Bouchard avec son mari Guillaume, insiste sur un point : par-dessus tout, il faut rappeler que la fécondité d’un couple ne s’exprime pas d’abord dans de grandes réalisations mais dans « le rayonnement de son amour dans le monde. »

5 REPÈRES POUR COMPRENDRE LA NAPROTECHNOLOGIE

1 De quoi s’agit-il ?

La NaProTechnologie est l’abréviation de Natural Procreative Technology, « procréation naturelle médicalement assistée ». Importée des États-Unis, cette technique médicale aide les couples ne parvenant pas à avoir d’enfant à restaurer leur fertilité en vue d’une conception naturelle. C’est une réelle alternative à la procréation médicalement assistée (PMA) pour les couples en espérance d’enfant !

2 Quelle est son efficacité ?

Le taux de réussite moyen de conception est de 35 %, variable selon l’âge et les causes de l’hypofertilité. Bien que les résultats de la NaProTechnologie soient significatifs, cette technique ne résout pas toutes les situations, certaines restent parfois inexpliquées. En comparaison, le taux de réussite d’une fécondation in vitro (FIV) en France est de 28 %.

3 En quoi cela consiste ?

Pour comprendre les causes de l’infertilité, la NaPro s’appuie sur la méthode d’observation du cycle féminin FertilityCare et sur un suivi médical en couple. Le médecin accompagnateur peut proposer des examens médicaux personnalisés pour obtenir un diagnostic le plus précis possible. Tout au long du parcours, le couple trouve un lieu d’écoute lors des rendez-vous et reste acteur de son suivi.

4 À qui cela s’adresse ?

La NaPro convient à tous les types d’hypofertilité, même après des échecs de traitements antérieurs ou des essais de PMA (inséminations ou FIV) infructueux. Elle s’adresse aussi aux couples ayant vécu des fausses-couches à répétition et à ceux qui adoptent la méthode FertilityCare comme une alternative naturelle à la contraception.

5 Pour en savoir plus

www.fertilitycare.fr

TÉMOIGNAGE

« DIFFÉRENTES ÉMOTIONS ME TRAVERSAIENT : TRISTESSE, PEUR, JALOUSIE… »
Claire et Guillaume sont mariés. Ils ont trois enfants.
« Dès le début de notre mariage nous avions le désir d’avoir un enfant. Je suis pharmacienne et je m’étais formée quelques mois auparavant à l’observation des signes de fertilité dans mes cycles. Malgré cela, après un an et demi d’unions ciblées en période fertile, je n’étais toujours pas enceinte. Je me sentais en décalage avec mon entourage et culpabilisais de ne pas me réjouir à l’annonce d’une grossesse. Différentes émotions me traversaient : tristesse, peur, jalousie… Je vivais l’arrivée de chaques règles comme un nouvel échec.

Guillaume, de son côté, était occupé par une vie professionnelle intense mais il me suggéra de prendre un avis médical. Sur les conseils d’amis, nous avons rencontré un médecin spécialisé en NaProTechnologie. Nous avons été touchés par son désir de comprendre les causes de notre infer- tilité et son invitation à avancer en couple dans la recherche du diagnostic, avec un grand respect. Après un apprentissage plus poussé de la lecture de mes signes de fertilité, des analyses de sang régulières, le médecin a diagnostiqué un syndrome SOPK (syndrome d’ovaire poly-kystique). Cette irrégularité est fréquente et peut dans certains cas être traitée facilement. Ce fut notre cas et nous avons eu la chance d’accueillir notre première fille rapidement après. »

POUR ALLER PLUS LOIN

Le week-end « Couples en espérance d’enfant ».
Les 19 et 20 juin 2021 à l’île Bouchard (37). Ce week-end s’adresse à tous les couples mariés qui n’ont pas encore d’enfant. Quels que soient son passé, sa foi ou sa recherche, chacun est accueilli là où il en est, pour partager et mieux communiquer, déposer sa souffrance, être éclairé sur les démarches médicales, s’ajuster en couple, retrouver la confiance et l’espérance.

Plus d’infos : Amouretverite.org
Contact : couple-esperance-enfant@emmanuelco.org

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