Pascal : Le jour où Dieu m’a dit : « Je t’aime »

by Hélène Bordes

La vie de Pascal n’est pas un long fleuve tranquille. Devenu athée militant, il décide pourtant, à un moment très difficile de sa vie, de retourner dans une abbaye qu’il fréquentait avant son mariage…

Au début, dans ma vie, j’ai « tout bien fait » : baptême, première communion, profession de foi, confirmation, mariage, enfants, et même, belle situation professionnelle. Et puis j’ai dérapé… J’ai trompé mon épouse, je suis devenu athée et même athée très prosélyte. Au bout d’un certain temps, j’ai demandé le divorce, que j’ai finalement obtenu. Mais les choses ont été très difficiles et compliquées. J’ai même pensé avoir perdu mes enfants car ils défendaient leur mère. Je croyais qu’ils ne m’aimaient plus, que tout était perdu. Un jour, j’ai fait une tentative de suicide. Un an après, à la faveur d’une formation sur la gestion du stress au travail, j’ai pris conscience que j’avais besoin de prendre du recul.

Or, de 18 à 25 ans, j’avais pris l’habitude d’aller régulièrement me ressourcer à l’abbaye de Saint-Wandrille, en Normandie. Il n’y avait que dans ce lieu que je trouvais alors vraiment la paix. Alors, traversant un moment très difficile, il était clair pour moi qu’il fallait que je retourne dans ce lieu. Arrivé à l’abbaye, j’ai frappé à la porte et demandé à rencontrer un prêtre. Une fois avec lui, je lui ai expliqué : « Voilà, j’ai trompé ma femme, j’ai demandé le divorce et je suis devenu athée… » Il m’a écouté patiemment et notre rencontre a finalement duré trois heures. À la fin de cet entretien, ce prêtre m’a suggéré d’aller prendre l’air avant le repas en faisant une promenade dans la forêt. Là, je ne sais pas exactement ce qui s’est passé, je n’en ai aucun souvenir, mais lorsque je suis revenu, il paraît que j’étais transformé. Dieu m’avait donné une forme incroyable en me disant : « Arrête tes c… J’ai un dessein pour toi. C’est encore trop tôt pour te le dire. Mais tu vas voir, c’est génial. Fais-moi seulement confiance. » Et j’ai décidé de lui faire effectivement confiance. En fait, je n’avais pas d’autre choix.

En 2017, une de mes amies m’a invité à sa confirmation, qu’elle recevait à l’âge adulte lors d’une grande fête de son diocèse. Au début de la cérémonie, j’ai eu une envie pressante. En descendant les marches pour me rendre aux toilettes, j’ai entendu comme une sorte d’appel intérieur : « Ce prêtre que tu es en train de croiser, c’est lui qui doit te confesser ! » Je voulais en effet depuis quelque temps confesser quelque chose de difficile à confier, que j’avais toujours gardé pour moi. J’ai arrêté le prêtre et lui ai dit tout de go : « Mon père, je dois me confesser. » Il m’a répondu : « Mais la célébration va commencer ! » « J’ai juste un truc à vous dire ; ça va prendre deux minutes. » Deux minutes après, j’avais effectivement terminé. En revanche, ce prêtre a pris beaucoup de temps avec moi… Il m’a annoncé la miséricorde infinie de Dieu pour moi. Dieu me pardonnait tout et il m’aimait infiniment. C’était extraordinaire. Deux jours après, au réveil, j’ai reçu à nouveau comme un appel intérieur. J’ai compris que Dieu me disait : « Je t’ai donné un talent, qui est de prendre la parole. Tu le fais très bien dans ton boulot. Mais tu ne l’as presque jamais fait pour moi. Eh bien maintenant, tu vas témoigner que quel que soit le parcours qu’on a eu dans notre vie (et le mien a été très sinueux, et il l’est encore un peu…), tout le monde a sa place dans l’Église ! »

Ce que Dieu a fait dans ma vie se résume en fait en cette parole qu’il m’a dite et qui m’a transformé : « Je t’aime ! Je t’aime et quoi que tu aies fait, je suis et serai toujours là pour toi. Je suis un père, un père avec un amour infini, qui ne juge pas, qui accueille, et qui te dit : “Tu comptes beaucoup à mes yeux.” Il y a tellement de personnes qui s’imaginent qu’elles ne rentrent pas dans le canon de l’Église où il faudrait être comme ceci ou comme cela, et qui s’auto-excluent de l’Église ! Eh bien, toi, je suis allé te chercher parce que tu es allé très loin dans les bêtises, et pourtant, tu as pleinement ta place dans l’Église ! » Il y a un chemin de croissance pour chaque personne. Un chemin qui nous permet de progresser et de nous rapprocher de Dieu.

Vous aimerez aussi

Vous aimez lire

Renseignez votre adresse email ci-dessous
Vous recevrez ainsi chaque mois L’1visible gratuitement dans votre boîte mail

NON MERCI