Mieux communiquer avec nos enfants

by administrator

Famille. Quels parents ne rêvent pas d’avoir une vie quotidienne sereine avec leurs enfants ? Cette méthode mondialement connue donne des outils efficaces.

Propos recueillis par Adele Faber et Elaine Mazlish.

Comme nous, nos enfants peuvent trouver leurs propres solutions si nous leur offrons une oreille attentive et une réaction empathique. Voici quelques façons de rendre service à un enfant quand il doit faire face à ses propres sentiments.

1. L’écouter avec beaucoup d’attention. C’est beaucoup plus facile de dire ses problèmes à quelqu’un qui est réellement à l’écoute. Pas besoin de répondre. Souvent tout ce dont l’enfant a besoin, c’est d’un silence empathique. 2. Accueillir ses sentiments à l’aide d’un mot : « Oh ! hum ! je vois. » Énoncé avec une attitude bienveillante, un motde ce genre l’invite à explorer ses propres pensées et ses sentiments, et peut-être à trouver ses propres solutions. 3. Nommer ses sentiments. « Eh ! tu me parais fâché ! » En entendant les mots qui précisent ce qu’il vit, l’enfant se sent profondément réconforté. Quelqu’un a reconnu son expérience intérieure. 4. Utiliser l’imaginaire pour répondre à ses désirs. « Je voudrais avoir le pouvoir magique de pouvoir faire apparaître une boîte géante de Croc-O-Miel ! » Le seul fait que quelqu’un comprenne combien on désire quelque chose rend parfois la réalité plus facile à supporter.

Mais ce qui compte le plus, c’est l’attitude. Si notre attitude ne repose pas sur la compassion, tout ce que nous disons sera perçu par l’enfant comme mensonger ou manipulateur. C’est lorsque nos paroles sont empreintes d’un véritable sentiment d’empathie qu’elles parlent directement au cœur d’un enfant.

Susciter la coopération

L’une des frustrations inhérentes à la fonction de parents, c’est la lutte quotidienne qu’il faut mener pour amener nos enfants à se comporter de manière convenable tant à nos yeux qu’à ceux de la société. Il s’agit d’un travail ardu et exaspérant. Voici comment susciter la coopération.
1. Décrire ce qu’on voit ou décrire le problème (il y a une serviette humide sur le lit). C’est difficile en effet de faire ce que nous devons faire quand on nous dit en quoi nous sommes fautifs. Nous pouvons plus facilement nous concentrer sur un problème quand on nous le décrit tout simplement. En décrivant le problème, on donne aux enfants la chance de se dire ce qu’il faut faire. 2. Donner des informations (la serviette mouille ma couverture). Il est beaucoup plus facile de recevoir une information qu’une accusation. Quand les enfants reçoivent des informations, ils peuvent habituellement découvrir par eux-mêmes ce qui doit être fait. 3. Le dire en un mot : « La serviette ! » Un simple mot fait plus d’effet qu’un long paragraphe. Les enfants détestent les discours, les sermons et les longues explications. Pour eux, plus le rappel est court, mieux c’est. 4. Parler de ses propres sentiments : « Je n’aime pas dormir dans un lit humide ! » Il est bon que les enfants soient mis au courant dessentiments honnêtes de leurs parents. En décrivant nos vraies réactions, nous pouvons être sincères sans être blessants. On peut parler de ses propres sentiments en utilisant le « je » ou l’expression « je me sens ». Ainsi l’enfant peut coopérer avec quelqu’un qui exprime de l’irritation ou de la colère, pourvu qu’il ne se sente pas attaqué. 5. Écrire une note : « S’il te plaît, replace-moi ici pour que je puisse sécher. Merci ! Ta serviette. » Parfois rien n’est plus efficace qu’un message écrit.

Leur sens de l’humour

Notre but est de nous adresser à ce qu’il y a de meilleur chez nos enfants : leur intelligence, leur initiative, leur sens des responsabilités, leur sens de l’humour, leur capacité à être sensibles aux besoins des autres. Nous voulons mettre fin aux discours qui blessent l’âme et recherchons un langage qui nourrit l’estime de soi. Nous voulons créer un climat émotionnel qui encourage les enfants à coopérer, parce qu’ils se soucient d’eux-mêmes et qu’ils se soucient de nous. Nous voulons donner l’exemple d’une communication respectueuse, espérant voir nos enfants l’utiliser avec nous : maintenant, pendant leur adolescence, et finalement une fois devenus adultes.

Recueilli par Emilie Pourbaix

Pour aller plus loin :

Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent, Adele Faber et Elaine Mazlish, Aux éditions du Phare, 2016

4 clés pour pour aider les enfants

1. Écoutez.

Le plus difficile est sans doute d’écouter le flot de paroles d’un enfant, puis de nommer le sentiment. « Eh ! tu me parais fâché ! » « Tu dois être déçu. » « Hum ! tu ne sembles pas certaine de vouloir aller à cette fête. » « J’ai l’impression que tu es réellement contrarié d’avoir autant de devoirs. » « Oh ! comme tu dois être frustré ! » Et pourtant, c’est ce genre de phrase qui réconforte les enfants et les rend libres de faire face à leurs problèmes.

2. Abstenez-vous de donner des conseils.

Résistez à la tentation d’essayer de résoudre le problème d’un enfant par une solution immédiate. « Maman, je suis fatiguée. » « Alors couche-toi et repose-toi. » Quand une personne, quel que soit son âge, connaît un moment de détresse, elle n’a pas besoin d’un accord ou d’un désaccord : elle a besoin que quelqu’un reconnaisse ce qu’elle est en train de vivre.

3. Évitez la question « Pourquoi ?».

Très souvent, les enfants ne savent pas pourquoi ils se sentent de telle ou telle façon. À d’autres moments, ils sont réticents à en parler parce qu’ils craignent que leur raison ne soit pas assez bonne aux yeux de l’adulte.

4. Ne vous inquiétez pas.

Si vous vous trompez en nommant le sentiment de l’enfant, ce n’est pas grave. On ne peut pas toujours savoir ce que ressent une autre personne. La seule chose que nous pouvons faire, c’est tenter de comprendre les sentiments des enfants. Nous ne réussissons pas toujours, mais nos enfants sont sensibles à nos efforts.

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