Lilian Renaud, le nouvel espoir

by Alexandre Meyer

Après deux ans d’absence, le vainqueur de la quatrième édition de The Voice, la plus belle voix, fait son grand retour sur scène. Lilian Renaud a dévoilé le 6 avril un nouveau single en forme de balade enjouée et magnétique : « On en verra encore ». Son troisième album sortira le 7 mai, juste avant qu’il n’entame une tournée dans toute la France.

Propos recueillis par Alexandre Meyer

Lilian Renaud est né en 1991 à Mamirolle dans le Doubs. Chanteur précoce et bourré de talent, pianiste et guitariste accompli, il met la musique entre parenthèse et découvre à vingt ans le métier de fromager. Au bout de trois ans, la musique le rattrape et il se hisse sans peine en haut de l’affiche.

En 2015, Lilian Renaud remportait haut la main la quatrième saison du télé-crochet musical The Voice, la plus belle voix, diffusé sur TF1. Deux disques et une tournée plus tard, le corps lâche et le moral s’effondre. La trajectoire est brisée net par la dépression. Après deux ans d’absence, réconcilié avec lui-même, serein et optimiste, Lilian est de retour et nous partage ses projets et ses espoirs.

C’est le poids de la célébrité, le rythme du show-business qui vous ont fait craquer ?

Je n’ai pas seulement souffert pendant mes années d’exposition médiatique. Elles ont été le déclencheur. Oui, ces deux années m’ont fait du mal mais la douloureuse expérience a été bien plus longue. Pourtant, j’ai vécu une magnifique enfance, sans le moindre drame, mais très jeune je me posais déjà beaucoup de questions. J’ai suivi un chemin complexe et toujours eu du mal à vivre pleinement le moment présent. Je vivais une forme de dépression et le succès a tout accéléré.

Jusqu’au burn-out ?

Les gens se sont fait de moi l’idée d’un type extra, fort, talentueux, aventurier. Au fond de moi c’était pas du tout ça. Ce décalage à renforcé mon mal-être, mon hypersensibilité. Tu sens bien dans ton corps que tu n’es pas bien. Le corps a lâché. J’ai dit stop.

Qu’est-ce qui vous a fait douter de vous ?

La peur de décevoir. On te met sur un piédestal, bien trop haut par rapport à l’homme que tu es vraiment. Je sortais à peine de ma fromagerie où je passais sept jours sur sept, dans la solitude et le calme… Un mois plus tard je ne pouvais plus sortir de chez moi, j’étais devenu quelque chose, quelqu’un. Tout le monde ne peut pas assumer ça. J’ai préféré m’enfermer chez moi.

Comment on s’en relève ?

Je ne tiens personne pour responsable de ce qui m’est arrivé. On m’a dit de rester moi-même. Personne n’a voulu me transformer, on m’a même protégé ! Mais je me suis mis la barre trop haut… Je voulais vendre un million d’albums ! Tandis que ma nature me disait : « Non, tu n’es pas comme ça ».

Vous êtes retourné à vos montagnes et à la fromagerie ?

Non, je n’ai pas pu recommencer à travailler comme avant. Attention ! Mon père, mes frères, tout le monde autour de moi travaille beaucoup et je suis allé prêter main forte de temps en temps à mon frère qui est charpentier. Je suis revenu à des choses banales : composer, écrire…

C’est la foi qui vous a aidé à tenir ?

Je suis très pudique en ce qui concerne ma foi. Je la vis probablement d’une façon différente des autres et c’est difficile de trouver les mots pour l’expliquer. J’ai reçu une éducation religieuse et j’ai grandi dans une famille chrétienne. Mon père est très croyant. Je suis croyant aussi mais j’ai du mal à croire que Dieu serait d’accord avec toutes les horreurs qui sont parfois commises en son nom ! Pour moi, Dieu est bien plus que tout cela. Il est universel, il emplit toute vie entièrement, de toute son immensité. Si j’étais à sa place, est-ce que j’accepterais que l’on s’agenouille devant moi ? Je ne pense pas. Il veut notre bonheur, il est là dans chaque preuve d’amour, dans chaque geste de bienveillance.

Aujourd’hui vous vous sentez plus fort ?

L’expérience a été dure mais on ne peut pas l’effacer, elle vous marque profondément. À présent j’ai compris comment en tirer des bénéfices. Il faut prendre le recul nécessaire pour savoir qui l’on est, changer radicalement de voie si nécessaire. Je connais mes faiblesses et cette prise de conscience est indispensable pour repartir du bon pied.

Qu’est-ce qui vous fait vous lever le matin ?

Il faut se lever c’est comme ça ! (Rire). En réalité des choses toutes simples : l’amour de mes parents, l’affection des enfants des frangins… Si tes chansons font le bonheur des gens alors tu composes des chansons ! Tu leur offre une touche d’espoir, un soupçon de bonheur.

Est-ce que chanter pour offrir ces « touches de bonheur » au public est une joie ou un fardeau ?

Ça me rend heureux à 100% mais je ne sais pas si je ferai cela toute ma vie ! Je suis un homme entier avec ses failles. Donner de la joie aux autres est une grande responsabilité mais ne fait pas tout. Je veux bien prendre cette responsabilité pendant une partie de ma vie mais pas porter cela pour toujours. Je ne suis pas qu’un messager d’espérance. Parfois je n’ai pas envie de me lever, j’ai de la nostalgie, des doutes, des remises en question.

Qu’est-ce que vous voudriez que la vie vous offre à présent ?

J’ai déjà toute l’estime des miens et rien ne pourra me rendre plus heureux. Je crois que le secret du bonheur, c’est l’acceptation de soi et de faire le mieux possible avec ce que l’on a, d’apprécier ce que l’on a à sa juste valeur. Chercher à faire plus, à avoir toujours plus, est un leurre, une illusion. Une fois que tu t’acceptes tel que tu es, tu peux commencer à être heureux. Tu te perds à chercher à posséder toujours plus. Le plus important c’est l’acceptation.

Ce bonheur vous l’avez trouvé ?

J’en fait l’expérience tous les jours ! Le bonheur c’est de passer du temps avec des amis, pianoter, regarder par la fenêtre, vivre chaque instant à fond. Les gens n’ont plus d’amis à rencontrer « dehors » : les portables et les réseaux sociaux nous ont pervertis. Ils alimentent le paraître, la jalousie et nous valons beaucoup plus que cela. J’espère que ce n’est qu’un passage, qu’on en finira vite avec tout ça… En tout cas moi, j’ai arrêté !

Vous avez promis un album aux mélodies riches de sens.

Sur la jaquette je pose avec une colombe verte sur l’épaule. La colombe de la paix et la couleur de l’espérance. L’actualité nous inflige des choses dures, des guerres, des haines… L’album est porté par l’espoir : l’espoir d’être aimé qui nous anime tous, l’espoir d’un monde plus respectueux de la nature et l’espoir d’un monde où les hommes sont plus respectueux les uns des autres. Je pense aux futures générations : ma vie va passer vite, encore cinquante ou soixante ans peut-être, mais quel monde vais-je laisser à mes sept neveux et nièces ? Je voudrais qu’ils aient une aussi belle vie que la mienne, et même plus belle encore ! Je veux pouvoir dire qu’après nous, ça sera mieux.

Quelles sont vos sources d’inspiration ?

J’aime tout ce qui a un rapport à la terre. Les musiques du monde et particulièrement la musique irlandaise, celtique ou la folk nord-américaine, ont des mélodies simples, qui m’attirent. Elles me rappellent ma terre. J’ai écrit et composé sept chansons de mon prochain album en anglais avec un ami. Elles auront la couleur de ces mélodies populaires qui me transpercent. Je ne suis pas un chanteur élitiste mais « populaire », je veux chanter pour tout le monde, rester proche du public. C’est son énergie qui me nourrit !

SES PROCHAINS CONCERTS :

14 juin : Église Saint-Pierre à Maîche (Doubs)

15 juin : Collégiale Saint-Hippolyte à Poligny (Jura)

28 juin : Église Saint-Laurent à Orléans (Loiret)

PLUS D’INFOS : http://lilianrenaud.net

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