Alessandra Martines : L’étoile filante

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Rencontre. Actrice et danseuse étoile, Alessandra Martines illumine. Elle a bien voulu répondre à L’1visible sans échauffement ni répétition. Magnéto. Par Magali Germain

Alessandra Martines est née à Rome. Enfant, elle rêvait de prendre le voile. Elle est devenue danseuse étoile. Même aspiration à la pureté, selon elle. Le sourire, céleste, de cette ballerine montée au firmament du cinéma est un cadeau à ne pas laisser filer. Dans sa trajectoire d’étoile, Alessandra enchaîne les tournages, en France et en Italie, se pose avec grâce dans le studio de TF1. On est samedi soir. Elle enfile une robe blanche à strass et paillettes. Elle étincelle au jury de Danse avec les stars.

Hormis votre cousine, qu’avez-vous rapporté d’Italie ?

Si vous parlez de Carla, ce n’est pas moi qui l’ai rapportée !

Comme pour Dante, votre compatriote, la comédie est-elle toujours divine ?

Ça dépend quelle comédie…

Vos souvenirs d’Italie ?

De l’Italie, j’aime les lumières, le soleil, le ciel, les monuments.

En antipasti ?

J’aime le jambon de Parme, le melon et les figues. J’adore toutes les sortes de farces, les poissons, les crustacés assaisonnés à l’huile d’olive.

Votre dolce vita ?

Être avec l’homme que j’aime et avec ma fille.

Vespa ou velib ?

Ni l’un ni l’autre. Je trouve ça trop dangereux. Même si pour moi, la Vespa est emblématique de la dolce vita, de l’Italie, d’un cinéma très riche. Les images de Nanni Moretti qui déambule en vespa dans les rues de Rome me reviennent à l’esprit.

Je n’entends pas le moindre petit accent italien dans votre voix ?

J’ai vécu à Paris depuis l’âge de 5 ans, je suis plus parisienne qu’autre chose.

À la barre, sur les planches, sur un plateau de tournage, où vous sentez-vous le mieux ?

La scène me manque énormément. Pas en tant que comédienne, mais en tant qu’interprète danseuse. J’aime cette fusion magique entre le mouvement, la musique et le public. Je la ressens en moi de manière mystique. Quand j’étais enfant, j’ai eu l’occasion d’être en contact avec des sœurs. Ma mère travaillait dans une école tenue par des religieuses qui recueillaient des enfants. Je me souviens de rencontres extraordinaires avec ces sœurs. À l’époque, j’avais dit à ma mère que j’aurais voulu prendre le voile. Je l’ai fait autrement en embrassant la profession de danseuse classique qui est une vocation pleine de pureté. Il y a d’ailleurs une ancienne danseuse étoile de l’opéra de Paris qui est devenue carmélite à 28 ans. Elle s’appelle Mireille Nègre. J’ai été marquée par son livre.

La danse a-t-elle été votre école ?

La danse est une discipline magnifique qui vous apprend la vie. Très humble. Travailler avec le miroir, aller au-delà de la douleur : très jeune la danse vous apprend à vous dépasser.

Croyante ?

Oui. Et plus que ça !
Est-ce pour cette raison que vous avez accepté de jouer dans le film de Jean Sagols sur Bernadette Soubirous ? Je me sens privilégiée d’avoir pu participer à ce film. J’étais dans le Sud-Ouest pour accompagner quelqu’un qui n’allait pas bien. Une femme malade. Je suis allée prier à la grotte. Le lendemain, j’ai reçu un coup de fil de mon agent à propos de la proposition de Sagols. Quand j’ai découvert le projet, j’y ai vu un signe. J’ai immédiatement accepté.
Lourdes coule de source pour vous… J’y suis allée plusieurs fois. Je trouve ça très très beau. Tous ces âges, toutes ces nationalités confondues dans une grande piété qui se dégage de ce lieu. J’arrive à y trouver un grand apaisement.

Un week-end ? À Lourdes ?

À mon avis, c’est un endroit de pèlerinage qu’il faut absolument aller voir même si on n’est pas croyant. C’est un endroit unique au monde. Ce serait dommage de passer sur terre sans avoir le privilège d’être si proche de choses qui nous échappent complètement. Je conserve surtout un souvenir merveilleux de ma visite à Lourdes au moment de la promotion du film. J’ai eu le grand privilège d’y rencontrer le cardinal Angelo Bagnasco. Ce fut une très brève audience, mais j’ai été profondément touchée par cet homme rare, exceptionnel. Je lui ai présenté ma fille, Stella. C’était un moment émouvant.

Chapelet, médaille ou bénitier ?

Ce sont des choses extrêmement sérieuses, ça me gêne de les aborder de façon aussi désinvolte.

Avez-vous vu des miracles dans votre vie ?

Non.

En auriez-vous besoin pour croire ?

Non. Absolument pas. J’ai la chance de me sentir très proche de Dieu sans avoir besoin de voir pour croire.

Une prière ?

J’aime m’adresser particulièrement à la Madone.

Vous avez aussi tourné dans un téléfilm sur Don Bosco, qu’est-ce qui vous a marquée dans la vie de ce compatriote ?

Tout ce qu’il a fait pendant sa vie. C’est toujours magnifique de voir des êtres humains habités, touchés par la grâce et qui aident tous ceux qui sont autour d’eux à découvrir ce qui est essentiel.

Votre couleur ?

Le blanc.

La vie politique française vue d’Italie ?

Je pourrais davantage vous parler de la politique italienne vue de France ! Il faudrait me retourner la question.

Un rêve.

Je n’ai pas de rêve récurrent.

Une rencontre importante.

Celle dont je viens de vous parler, avec le cardinal Angelo Bagnasco.

Une faille.

La recherche incessante de la perfection. Ça, c’est très prétentieux et en même temps c’est humble. Je parle en tant que danseuse. Une recherche permanente et une frustration permanente.

Un parfum.

Le parfum de ma petite grand-mère qui n’est plus là. Elle embaumait la pièce. C’était elle. C’était son odeur à elle, pas celle d’un flacon.

La clé du bonheur.

Vivre le plus possible le moment présent.

Votre musique.

Toutes les œuvres de Bach.

Votre livre préféré.

Plusieurs. C’est vraiment difficile de répondre. J’aime Dorian Gray. Le Fantôme de l’opéra. Tout ce qui fait travailler l’imaginaire.

Le rôle de votre vie.

Je ne l’ai dansé que par extraits, mais ce serait Roméo et Juliette.

Avez-vous peur de vieillir ?

Non.

Quand vous montez sur pointes, vous sentez-vous plus près du Ciel ?

Il n’y a pas besoin d’être sur pointes pour ça.

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