Laurent Voulzy : Telle est sa quête

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Rencontre. Lys&Love, son dernier album, aux accents médiévaux, emmène le chanteur-troubadour dans les abbayes et les cathédrales durant tout l’été, lors d’une tournée événement.

Propos recueillis Par Claire Perol

Celui qui chantait le Pouvoir des fleurs a troqué la marguerite pour le lys. Passionné par le Moyen-Âge, ses cathédrales et son amour courtois, Laurent Voulzy cartonne avec son dernier album, Lys & Love, où les chœurs grégoriens se fondent avec les harmonies électro. Depuis début juin et son concert historique dans la basilique de Saint-Denis, il parcourt châteaux, églises et abbayes pour une tournée d’été sur fond de balade médiévale. Ce roi de cœur, qui confesse volontiers sa constante recherche spirituelle, serait-il en quête du Graal ?

Lys & Love est truffé de chœurs grégoriens. Le Moyen-Âge, pour vous, c’est quoi ?

L’évocation de cette période, mystérieusement, m’apaise. Il y a quelque chose dans le Moyen-Âge qui est pour moi l’éternité. C’est vrai qu’il y avait à cette époque une grande violence – n’est-elle pas pire aujourd’hui ? Mais le Moyen-Âge, c’est aussi l’amour courtois, les cathédrales, la foi des gens qui ont construit ces églises qui surgissent partout en Europe, l’art roman, les monastères. C’est infiniment paisible.

Le titre Jeanne a été récompensé aux dernières Victoires de la musique comme chanson de l’année. Un prénom qui fait penser à la Pucelle d’Orléans… Qui est-elle pour vous ?

Quand j’étais petit, j’avais un cahier de dessin et j’y avais dessiné trois personnages : Jeanne d’Arc, Napoléon et un copain de classe. Elle m’a toujours plu, fasciné même. Elle a eu, comme Jésus, une courte carrière publique, et pourtant elle a rassemblé, on la respectait. Elle a quelque chose d’idéal.Jeanne, dans cette chanson, c’est peut-être Jeanne d’Arc. Ce qui est sûr, c’est que ce titre m’est venu à deux heures du matin, alors que j’écoutais en boucle la mélodie de cette chanson. Je me suis mis à somnoler et j’ai été réveillé par le prénom Jeanne. J’ai réellement entendu ce mot à mes oreilles.

Vous chantez tout l’été dans les églises et les abbayes. Pour l’acoustique seulement ?

Non… Il y a dans les églises un mystère incroyable. Aujourd’hui, au XXIe siècle, elles sont pour moi des vaisseaux extraterrestres. Quand on se promène à Paris et que l’on est entouré de boutiques de mode, entrer dans une église comme Notre-Dame-des-Victoires, c’est un saut hors du temps. Voir ces ex-voto, ces bougies, penser à tous ces gens qui à travers les siècles sont venus prier, régler des affaires de leur âme, cela me touche profondément. Je vais beaucoup dans les églises, surtout quand elles sont vides. Elles sont pour moi un havre d’éternité. Chanter dans une église, c’est un peu comme monter dans un vaisseau spatial qui emmène au ciel.

Croyez-vous en Dieu ?

J’aimerais avoir la foi, la certitude que Dieu existe… En tout cas je la recherche, et justement dans les églises. Elles disent quelque chose de l’éternité, et sont de bonnes rampes de lancement pour trouver Dieu. Je me dis : « Là, il y a probablement une clé du mystère. » Je pense que c’est là où je trouverai la foi.

Si vous étiez une église, laquelle seriez-vous ?

Une petite église dans la campagne, plutôt romane ou gothique, austère et sobre. En tout cas pas moderne, ni baroque.

Votre itinéraire spirituel ?

J’ai été Cœur Vaillant étant petit et j’en ai des souvenirs fabuleux, parmi les plus beaux de ma vie. Puis j’ai peu à peu quitté la foi catholique. Et j’ai redécouvert, grâce au bouddhisme, la figure de Jésus. J’ai alors été attiré par le monde chrétien, parce que c’est mon histoire et mon héritage. La vie monastique me fascine, et je viens d’ailleurs d’écrire une chanson qui dit : « Le Ciel m’attire, la terre me tiraille. » C’est, en résumé, ma vie.

Votre livre de chevet ?

La très grande majorité de mes lectures sont des auteurs mystiques. Je dévore les ouvrages de saint Augustin et de sainte Thérèse d’Avila, que j’ai redécouvert il y a peu.

Quand vous pensez à Dieu, c’est en parole ou en chanson ?

Quand je lui parle, je lui parle vraiment et très simplement. Dans ma musique, il y a une quête d’émotion absolue et d’harmonie. Peut-être une quête spirituelle. D’ailleurs, je m’isole toujours pour terminer mes chansons, parce que je veux aller au bout de quelque chose de personnel.

Votre prière favorite ?

Les prières traditionnelles : Notre Père, Je vous salue Marie. Quand je le fais, j’ai l’impression que ce n’est pas mauvais… Un peu comme le pari de Pascal. Il y a aussi des quantités de prières du cœur, qui sont toujours les mêmes avec le temps. Et puis je prie pour des gens que j’aime.

Ce que l’on peut vous souhaiter ?

Que mon cœur s’ouvre davantage. D’aimer plus, et mieux.

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