LA FONDATION SAINT JEAN DE DIEU : L’HOSPITALITÉ INCONDITIONNELLE

by Alexandre Meyer

PAR ALEXANDRE MEYER

La Fondation Saint Jean de Dieu n’a pas attendu les directives pour prévenir les risques de covid-19. En associant tout son personnel, elle a pu adopter les meilleures procédures et se préparer, avant que la pandémie ne prenne de l’ampleur.

EN CHIFFRES

1 300 collaborateurs et une vingtaine de structures réparties sur le territoire.
250 lits et 11 000 personnes soignées par an au centre hospitalier de Dinan-Saint-Brieuc. 250 personnes en Ehpad et 300 personnes de la rue accueillies à Marseille.
60 personnes en situation de handicap au centre médico- social du Croizic.
Une unité post-réanimation Covid-19 à Paris.

Comment le charisme propre à la Fondation Saint Jean de Dieu se déploie-t-il en cette période difficile ? Philippe Girard, président : Selon la charte de Saint Jean de Dieu, notre charisme, c’est servir. Les mots d’ordre sont humanité et collaboration, au service du bien être des résidents avant tout. Dès le début de la crise, une grande solidarité s’est manifestée entre tous : syndicats, personnels administratifs, religieux, membres du conseil d’administration.

Quelle est la situation ? Patrick Colombel, directeur général : Nous ne pratiquons pas de chirurgie ni de réanimation, mais nous prenons soin de per- sonnes parmi les plus fragiles qui soient : très âgées, à la rue, dans des situations de handicap lourd… Sans oublier nos collaborateurs. Tous sont animés de cette seule volonté : faire avec. En com- binant professionnalisme et éthique, il faut sur- monter cette apparente contradiction : respecter le confinement et préserver la meilleure qualité d’accompagnement possible. L’éclatement géographique de nos structures est un défi en soi. Il a fallu s’adapter aux possibilités de dépister ou de s’équiper de matériel au cas par cas. Là encore, l’anticipation nous a réussi.

Quelles sont les initiatives originales mises en œuvre ? Grâce au don d’une startup, nous avons pu mettre à disposition de nos résidents une centaine de tablettes numériques pour communiquer avec leurs familles et leurs proches. Nous avons recensé les besoins de nos salariés, ouvert un service de conciergerie (courses, garde d’enfant) et alterné les arrêts de travail, pour faire en sorte que la qualité des soins soit assurée, sans rupture.

Quels enseignements tirez-vous de cette crise sanitaire ? Frère Paul-Marie Taufana, supérieur provincial de l’Ordre Hospitalier de Saint Jean de Dieu : L’épidémie nous donne l’occasion de repenser l’hospitalité, le don de soi. Nous sommes répartis en trois catégories aujourd’hui : les victimes, les confinés, ceux qui travaillent à l’extérieur. La crise sanitaire globale a mis en lumière ces gens de l’ombre dont le rôle est primordial. Les héros du quotidien sont passés de l’invisible au visible. Nous constatons un engagement de chacun dans sa vocation au risque de la contamination. Oublier ses proches pour soigner son prochain, en période de confinement, cela demande un grand courage. Nous sommes passés d’une hospitalité conditionnelle à une hospitalité inconditionnelle, pour aider l’humanité souffrante, jusqu’à l’épuisement physique ou moral. 
Cette hospitalité miséricordieuse, pour tous, solidaire, nous pousse à nous surpasser, à prendre conscience de notre propre vulnérabilité. J’inviterais nos dirigeants à remettre à leur tour l’humanité au cœur de leur projet de société. C’est une bonne occasion de repenser la solidarité, l’entraide, la justice, pour aboutir à l’hospitalité intégrale.

PLUS D’INFOS

https://www.fondation-saintjeandedieu.fr

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