« JÉSUS, J’AI CONFIANCE EN TOI »

by Alexandre Meyer

Des États-Unis au Japon en passant par le Nigeria, la France, l’Ukraine, l’Inde ou la Papouasie-Nouvelle- Guinée, la Miséricorde divine a conquis le monde entier. Cette dévotion s’est répandue à la fin des années 1930 après de nombreuses apparitions du Christ à une modeste religieuse polonaise…

PAR ALEXANDRE MEYER – PHOTOS D.R., MAZUR/CATHOLICNEWS.ORG.UK, ACEY PUNO

À gauche, le premier tableau de Jésus miséricordieux, peint par Eugeniusz Kazimirowski en 1934 (Vilnius).
À droite, le tableau peint par Adolf Hyła en 1943 après la mort de sainte Faustine, selon les détails consignés dans son journal (Cracovie). 

Hélène Kowalska naît le 25 août 1905 dans le village de Glogowiec, en Pologne, dans une famille de paysans pauvres. Dès l’enfance, son entourage remarque sa piété, son goût pour la prière, son ardeur au travail et sa sensibi- lité face aux misères humaines. Elle quitte la mai- son familiale à seize ans et se fait embaucher comme servante pour subvenir aux besoins de la famille. Elle ressent très tôt dans son âme l’appel à la vocation, mais ses parents s’opposent à son entrée au couvent. « Dès l’âge de sept ans, je perçus l’appel définitif du Seigneur », écrira-t-elle dans son Petit Journal.

« J’ÉTAIS ENTRÉE AU PARADIS »

Un jour qu’elle est au bal avec l’une de ses sœurs, elle voit Jésus près d’elle, supplicié, qui lui dit : « Jusqu’à quand vas-tu me décevoir ? » Quittant discrètement les festivités, elle se rend à la cathédrale Saint-Stanislas-Kostka, tombe les bras en croix devant le Saint Sacrement et entend une voix : « Pars pour Varsovie, là tu entreras au couvent. »

Le 1er août 1925 elle entre dans la Congrégation des sœurs de Notre-Dame-de-la-Miséricorde. « Il me semblait que j’étais entrée au paradis. Seule jaillissait de mon cœur une prière d’action de grâce », confie-t-elle. Elle y reçoit le nom de sœur Marie-Faustine. Cinq ans plus tard, elle prononce ses vœux perpétuels de chasteté, de pauvreté et d’obéissance.

LE SAViEZ- VOUS ? ON COMPTE 72 SANCTUAIRES DE LA MISÉRICORDE DIVINE À TRAVERS LE MONDE.

Sa vie mystique est intense, mais elle n’en montre rien. Recueillie, sereine, pleine d’un amour bien- veillant et désintéressé, elle mène pourtant une vie d’ascèse rigoureuse. Atteinte de tuberculose, elle meurt le 5 octobre 1938 à Cracovie-Łagiewniki, à l’âge de 33 ans.

SAINTE FAUSTINE

Le 30 avril 2000, le pape Jean Paul II canonise sœur Faustine et institue la fête de la Miséricorde divine. Elle est considérée comme l’une des plus grandes mystiques de l’histoire de l’Église.

UN TABLEAU BIEN INSPIRÉ

Au cours de plusieurs apparitions, Jésus confie à sœur Faustine une grande mission : transmettre au monde entier le message de la Miséricorde divine. À la demande de son confesseur, le père Sopoćko, elle couche alors par écrit les révélations du Christ dans son Petit Journal. « Un soir, quand j’étais dans ma cellule, je vis Jésus vêtu d’une tunique blanche. Une main levée pour bénir, la seconde touchant son vêtement sur la poitrine. De la tunique entrouverte sortaient deux grands rayons, l’un rouge, l’autre pâle. […] Après un moment Jésus me dit : “Peins un tableau selon le modèle que tu vois, avec l’inscription : Jésus, j’ai confiance en Toi.” » (Petit Journal, 47-49). Avec la bénédiction de l’abbé Sopoćko, la religieuse va diriger le pinceau de l’artiste Eugeniusz Kazimirowski dans son atelier pendant près de six mois ! Les deux rayons qui jaillissent du côté du Christ symbolisent le Sang qui augmente la vie des âmes et l’Eau qui les purifie.

PUISER À LA SOURCE

« Je désire que le monde entier connaisse ma Miséricorde », lui dit un jour le Christ (Petit Journal, 687). La Miséricorde divine est omniprésente dans les Écritures, mais, par l’intermédiaire de sainte Faustine, le Seigneur a offert au monde entier des moyens et des prières pour venir la puiser à la source : « L’âme qui fait confiance à ma Miséricorde est la plus heureuse car je prends moi-même soin d’elle » (Petit Journal, 1273).

LES MOYENS

« Je te donne ici trois moyens de témoigner de la miséricorde à ton prochain : le premier, c’est l’action, le second, c’est la parole, le troisième, c’est la prière » (Petit Journal, 742). Vivre la miséricorde, c’est sortir de soi pour aller vers les autres, vivre la charité concrète. Ensuite, c’est témoigner de l’amour infini de Dieu pour les hommes. Enfin, c’est célébrer le dimanche de la Miséricorde divine (qui suit le dimanche de Pâques), réciter le chapelet à la Miséricorde divine ou honorer l’heure de la Miséricorde divine, l’heure précise de la mort de Jésus sur la croix (15 heures), car « En cette heure, je ne saurais rien refuser à l’âme qui me prie » (Petit Journal, 1320).

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