GARY SINISE : «LA FOI M’A AIDÉ TOUT AU LONG DE MA VIE»

by Alexandre Meyer

Sa carrière est parsemée d’incroyables pépites du cinéma américain. Il a joué devant la caméra des plus grands (Ron Howard, Brian de Palma) et avec les plus grands (John Malkovich, Tom Hanks, Mel Gibson). Gary Sinise est à l’affiche de J’y crois encore, qui devait sortir en salle en mai, et qui est désormais disponible sur toutes les plateformes VOD de streaming légal…

PROPOS RECUEILLIS PAR ALEXANDRE MEYER

La carrière d’acteur de Gary Sinise l’a conduit sur les planches à Chicago, dans l’espace à bord d’Apollo 13, au bord du ring dans Snake Eyes, dans la peau d’un détective dans Les Experts : Manhattan et dans le treillis élimé de l’ombrageux lieutenant Dan dans Forrest Gump… Pourtant, après les événements tragiques du 11 septembre, l’acteur oscarisé a trouvé une nouvelle vocation. Après avoir recueilli des fonds pour les anciens combattants grâce à une série de concerts à la tête de son Lieutenant Dan Band à travers le monde, il a lancé la Fondation Gary Sinise au service des vétérans, de leurs familles et de leurs proches.

Qu’est-ce qui vous a attiré vers ce rôle de père du chanteur Jeremy Camp dans le film J’y crois encore ? Je ne connaissais pas très bien Jeremy Camp avant que les créateurs du film me pro- posent le rôle, mais j’ai tout de suite aimé le script. C’est une histoire qui vous brise et vous réchauffe le cœur à la fois. Les deux réalisateurs, les frères Erwin, sont d’ailleurs de très bons amis. Je les connais depuis un bout de temps à présent. J’ai été très fan de leur film sorti l’an passé, I can only imagine (La Voix du pardon). Ils m’ont offert le rôle, j’étais disponible, alors je l’ai joué, et j’en suis très heureux !

Director Jon Erwin and Gary Sinise as ‘Tom Camp’ on the set of I STILL BELIEVE. Photo Credit: Michael Kubeisy.

Avez-vous réussi à nouer une relation amicale ou « paternelle » avec K.J. Apa, un acteur très prometteur et un musicien accompli, comme vous ? Oui, Keteni James est un garçon vraiment talentueux : un grand chanteur, un exceptionnel joueur de guitare et un très bon acteur. Dès que la caméra cessait de tourner, il jouait sans arrêt de la guitare sur le tournage. J’ai apprécié nos discussions, car il a son propre groupe de musique, comme moi. On s’est bien trouvé tous les deux. Dès le début, notre relation fut excellente et très solide et j’espère que cela se verra à l’écran. Je crois bien que c’est le cas !

« Ma vie n’est pas pas remplie malgré les décon- venues. Elle est remplie grâce à elles », dit votre personnage dans le film. Vous partagez cette opinion ? À vrai dire, je comprends ce qu’il sous-entend en disant cela. Vous pouvez tirer beaucoup d’enseignements de la vie : vous apprenez de vos succès, vous apprenez de vos échecs, vous appre- nez des hauts et des bas. Je crois qu’il essayait de dire à son fils, à cet instant précis, qu’il sera capable d’aller de l’avant, en dépit de ce qui est en train de lui arriver, de la terrrible frustration, du chagrin. Il va s’en sortir, voilà ce que ce père a voulu dire à son fils à ce stade crucial de son existence.

J’ai découvert l’incroyable travail que vous avez accompli depuis plus de vingt ans en faveur des vétérans, des blessés de guerre, des personnes handicapées. La foi peut-elle nous aider à surmonter l’injustice, la maladie, le handicap, selon vous ? Oui, absolument. La foi m’a aidé d’innombrables façons tout au long de ma vie. Dans le livre que j’ai publié l’an dernier (Grateful American: A Journey from Self to Service, Thomas Nelson ed., 2019, non traduit), j’ai décrit plusieurs incidents qui ont émaillé mon existence, et comment ma foi m’a toujours aidé à traverser ces jours difficiles. Il est certain que dans le film J’y crois encore, la foi de Jeremy Camp et de toute sa famille est mise à rude épreuve. Mais elle sort renforcée et les aide à surmonter les circonstances les plus pénibles.

Votre couple est un exemple de stabilité. Que vous apporte cet amour conjugal au quotidien ? Ma femme et moi sommes mariés depuis plus de quarante ans maintenant et nous sommes passés à travers un bon nombre de péripéties… Mais notre amour est fort, nous avons trois beaux enfants et deux petits-enfants. Je pense que les moments difficiles ont rendu notre relation plus solide avec les années. Je ne peux pas imaginer ma vie sans elle.

Est-il vrai que vous vous êtes converti au catholicisme grâce à votre épouse d’origine irlandaise ? Elle était catholique, ça vous pouvez le dire ! Mais je ne dirais pas que cela s’est passé comme ça. L’idée a pris de plus en plus de place dans ma vie et dans la vie de notre famille et c’est venu de soi. C’est devenu clair dans mon esprit. Personne n’a eu besoin de me convaincre…

Est-ce que votre foi vous a conduit à refuser ou au contraire à accepter certains rôles ? C’est une bonne question, car il y a des rôles que j’ai joués dans le passé qui ne m’attireraient plus aujourd’hui. Les choses ont changé pour moi de multiples façons. Je passe aujourd’hui le plus clair de mon temps au ser- vice d’une grande mission qui consiste à aider nos vétérans. C’est très épanouissant, j’en tire beaucoup de joie.

Le film J’y crois encore offre une belle illustra- tion de la relation père-fils, de la transmission. Y a-t-il quelque chose en particulier que vous avez tenu à transmettre à vos propres enfants ? J’ai toujours encouragé mes enfants à aider leur prochain. Je leur ai appris que lorsque vous croyez être dans une impasse, il faut commencer par arrêter de penser à soi et penser aux autres. Accomplir quelque chose de positif pour quelqu’un d’autre peut être d’un très grand réconfort. Je leur ai appris qu’il fallait s’efforcer d’être charitable et bon, et je crois qu’ils le sont… J’ai des enfants formidables !

Vous ont-ils appris quelque chose de la vie en retour ? Une chose est sûre, c’est que pour eux je me suis efforcé d’être un meilleur père. Parce qu’ils le méritent, ils sont exceptionnels. Il y a des années, quand ils étaient plus jeunes et que j’étais focalisé sur ma carrière, je me suis dit un jour : « Attends une minute, où est ta priorité ? C’est d’être père, non ? » J’ai priorisé la paternité et tout a naturellement trouvé sa juste place par la suite.

Comment est née votre vocation d’acteur ? Je suis tombé dans ce métier par accident, au lycée. Un professeur m’a demandé de passer une audi- tion pour une pièce de théâtre, je l’ai fait, j’ai eu le rôle et je suis tombé amoureux du jeu, de la scène. À compter de mes 16 ans je ne voulais plus rien faire d’autre.

Quel regard portez-vous sur votre carrière ? Tout a commencé avec la Steppenwolf Theatre Company à Chicago : nous n’avions rien, on n’arrivait pas à en vivre, nous avions tous des petits boulots à côté et tous les soirs nous allions répéter avec passion, avec dévotion. Tout ce que je sais de mon métier d’acteur, je l’ai appris au cours de ces années-là.

À qui recommanderiez-vous le film J’y crois encore ? À tout le monde ! (Rire.) Les jeunes, les plus âgés, tout le monde !

 

J’Y CROIS ENCORE

Après le succès de leur film I Can Only Imagine (La Voix du pardon) en 2018, les frères Erwin se sont entourés d’une équipe prestigieuse (K.J. Apa, Britt Robertson, Shania Twain, Gary Sinise) pour produire leur nouveau long métrage. Pour faire face à la fermeture des cinémas, le film est proposé en achat digital à partir du 5 juin sur les plateformes de streaming Itunes, Google, lefilmchretien.fr et sur toutes les plateformes de vidéo à la demande à partir du 26 (voir la critique p. 22).

 

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