DES PASSIONS ET UNE RAISON DE VIVRE

28 janvier 2026

Evoto

Pendant plusieurs décennies, Nelson Monfort a commenté les plus grandes compétitions sportives du monde sur les ondes françaises. Avec L’1visible, il revient sur sa carrière, se rappelle les difficultés et les joies rencontrées et se confie sur sa « retraite ».

PROPOS RECUEILLIS PAR ANNE-LAURE COLIN ET ANTOINE LEMAIRE 

Vous avez fait vos adieux aux Jeux Olympiques et à Roland-Garros. Mais vous êtes encore très actif : danse, télé, théâtre… Comment se passe cette « retraite » ?

J’aime bien dire que le téléphone sonne moins mais qu’il sonne mieux. Aujourd’hui, je choisis les gens avec qui je veux travailler. Cette tournée de théâtre [Nelson Monfort joue dans la pièce Ça patine à Tokyo, NDLR] est particulière pour moi, elle fait beaucoup rire, et les gens ont envie de rire en ce moment, je pense qu’on est tous d’accord pour le dire.

Quand vous regardez en arrière, tout au long de votre vie, de quelle manière votre foi a-t-elle été déterminante ? Dans votre carrière et votre vie familiale ?

Elle l’est devenue de plus en plus au fil des ans, avec notamment la naissance de mes enfants, de mes petits-enfants. Ces aventures de vie m’ont conduit vers le Seigneur. Je pense que c’est une satisfaction, un espoir, une lumière et une raison de vivre. C’est un engagement que je vis pour de vrai, à travers des instants de bonheur de chaque nouvelle journée. Quand je passe devant un temple ou une église, j’y rentre neuf fois sur dix. Ne serait-ce que pour m’y arrêter quelques minutes, et le reste attendra. Cela me fait relativiser sur pas mal de choses, les rendez-vous professionnels, le téléphone qui sonne…Pourtant, les doutes m’ont accompagné toute ma vie, et parfois aussi l’inquiétude. C’est là que la foi est une grande amie, qui me tient par la main.

Vous est-il arrivé d’évoquer la foi avec certains sportifs que vous rencontriez ?

J’ai beaucoup parlé de foi avec la tenniswoman Marie Pierce. Et puis Michael Chang évidemment, qui citait très souvent Jésus. Je pense aussi à Olivier Giroud, qui est très imprégné de la foi. Il est né pas loin de Cluny [une abbaye de l’ordre des bénédictins, NDLR], et je pense que ce n’est pas anodin. Autrement, il était très dur de parler avec les sportifs hors antenne, car ils sont souvent très entourés et protégés.

Un mot semble caractéristique de votre carrière : fidèle. Vous l’avez été à France TV, à Roland-Garros, mais aussi et surtout à votre femme, Dominique. Parlez-nous de la fidélité.

Je pense que le mot “fidélité” est l’un des plus jolis de la langue française. J’y ajouterais « l’amitié » d’ailleurs.Je suis fidèle en amour et en amitié. Je ne sens aucun sacrifice dans le fait de l’être, et je ne conçois pas la vie autrement. J’entends souvent les gens dire “si on me trahit, je ne pardonnerai jamais”. Eh bien moi je pardonne. Je ne sais pas si c’est un retour à une certaine forme de spiritualité mais oui, je pardonne. Assez facilement même. Je pense que celui qui pardonne est au moins aussi heureux que celui à qui il pardonne. C’est mon expérience de vie, ma carrière qui me font dire ça.

Quelles vertus du sport peut-on utiliser dans la vie de tous les jours selon vous ?

Le fairplay d’abord, qui n’est pas une notion surannée ou démodée ! J’aimerais parfois qu’il y en ait davantage… Aujourd’hui, la phrase de Pierre de Coubertin, “L’important est de participer”, c’est des balivernes… Je ne dis pas que les sportifs sont prêts à tout pour gagner, mais il y a un petit peu de ça. Et évidemment, ça ne me plaît pas.Je vois aussi la notion de persévérance. Les sportifs peuvent être exemplaires sur ce sujet là. De mon côté, cette persévérance m’a accompagné tout au long de ma carrière. C’est aussi, à mon avis, ce qui fait que j’ai encore plein d’activités.

Votre femme a été importante dans votre carrière ?

Elle continue d’être importante dans ma vie, plus qu’autre chose. Quand j’étais jeune journaliste, que je frappais aux portes et que la plupart ne s’ouvraient pas, elle était là pour m’encourager et me transmettre cette détermination. D’autant plus qu’à l’époque, elle avait un poste de directrice dans une agence de publicité. Elle avait une carrière infiniment supérieure à la mienne.Mais il n’y a jamais eu de jalousie entre nous deux. Je ne comprends pas les couples jaloux à cause des carrières. Soit on s’aime, soit on ne s’aime pas, mais pour moi la jalousie est l’inverse de l’amour.

Vous avez perdu vos parents assez jeunes, avant qu’ils ne puissent voir votre ascension en tant que journaliste. Il paraît que c’est l’un de vos plus grands regrets. Comment ce sentiment a-t-il évolué ?

Aujourd’hui, j’ai la conviction qu’ils me voient de là-haut. Et ça, je ne le pensais pas au départ. Je pense que je les retrouverai après ma mort. D’ailleurs, la perspective de mourir et de rejoindre le Seigneur ne me fait peur.

Vous êtes grand-père depuis peu. Parlez nous de ce rôle.

C’est un bonheur qui est total. Je pense qu’on aime autant ses petits-enfants que ses enfants. Peut-être un peu différemment… et encore ! Et il s’agit selon moi d’une relation qui est uniquement positive, il n’y a que de la tendresse, de l’affection et un amour infini. J’avais lu, étant jeune, L’Art d’être grand-père, de Victor Hugo. Je m’y retrouve énormément.J’aime beaucoup observer les grands-parents avec leurs petits-enfants. Et je ne supporte pas la mise de côté et le mépris des personnes âgées. Les défendre est l’un de mes combats.

Quand vous rencontrerez Dieu, que lui direz-vous ?

J’ai entendu un jour une phrase que je fais volontiers mienne : “l’adulte que je suis devenu n’a pas trahi l’enfant que j’étais.” Etant enfant, j’avais des rêves : avoir une vie de rencontres, de passions. C’est devenu une réalité, et j’en suis raisonnablement fier.

 

 

Journaliste sportif, il a commenté les Jeux Olympiques d’été et d’hiver pendant de nombreuses années, pour France Télévision. On le retrouve au patinage artistique, à la natation et à l’athlétisme. Il a aussi commenté le tournoi de Roland-Garros pendant plusieurs dizaines d’années.

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