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Qui n’a jamais été touché par la douceur d’un morceau de musique classique, la tension d’un film ou la force d’une peinture ? L’art nous impacte, il nous fait rêver et nous permet de nous évader. Claire Vouters, art-thérapeute, en connaît les bienfaits et nous les décrit. PROPOS RECUEILLIS PAR AUGUSTE CHAPELIER L’art a-t-il des impacts cognitifs positifs sur le cerveau ? Si oui, lesquels ? Selon moi, il faut avant tout séparer ce qui est de l’ordre de la réception (observer un tableau, aller dans un musée ou au théâtre), et de la production (peindre, écrire un poème, jouer). Ensuite, oui, les impacts sont nombreux. On note le développement de la créativité et de la pensée divergente – qui est le fait de pouvoir trouver plusieurs solutions dans une situation en particulier. L’art aide aussi à l’activation de la mémoire et de l’activité cérébrale, chez les plus jeunes comme les plus âgés. Le déploiement et la manifestation des émotions, ainsi que leur régulation pour arriver à une sorte d’équilibre sont également observés. Et puis on constate que l’art aide à la prise de confiance en soi, à la réduction du stress et de l’anxiété… Lire un poème, écouter de la musique classique peuvent nous permettre de nous évader, ou au contraire de nous ramener au concret, au temps présent. Est-ce que n’importe qui peut-être touché par une œuvre d’art ? Je pense que oui. Mais nous sommes tous différents, donc en fonction de la singularité de chacun, la réaction pourra varier. L’éducation joue, le vécu et le bagage culturel également. Cela nécessite d’être dans une certaine disposition : l’acceptation de se faire façonner. Si on est fermé, on ne sera pas touché. Il faut le vouloir, et surtout être curieux. Plus on voit d’œuvres d’art différentes, plus on s’ouvre. On saura alors mieux trier ce qu’on aime, et dire en quoi cela nous touche ou non. Et ça vaut le coup, car les émotions procurées par l’art, dites esthétiques, nous projettent dans un état contemplatif, réflexif et symbolique. Peut-on dire que l’art fait rêver, et permet de s’évader ? Oui, il permet de se connecter à notre imagination et de développer notre imaginaire. Je pense que l’art nous place toujours entre ce qu’on est aujourd’hui et ce vers quoi on va, ou ce à quoi on aspire. Et puis, bien sûr, l’art nous permet de nous évader car il nous ouvre d’autres portes, d’autres cultures, d’autres façons de penser. Il pourrait s’apparenter à la palette de couleurs d’un peintre : ses compositions sont infinies. Plus elles sont infinies, plus on rêve, c’est exponentiel. L’art peut-il nous faire progresser, nous rendre meilleurs ? L’art est une façon de se ressourcer. Quand on pratique un art, le fait de créer, de donner vie à quelque chose nous éloigne d’une mort sociale, cognitive, relationnelle, amoureuse… L’art est une ressource qui crée de nouvelles ressources. Il permet la renaissance. Là où on s’éteint, une animation se fait. Un souffle donne de la vie. Cela nous porte vers du concret, un projet, une idée de voyage… Dans cette vie où tout va très vite, presque robotisée, on a enfin la possibilité de remettre du ressenti, de l’affect, de l’humain dans notre relation avec les autres, mais aussi par exemple dans notre relation avec Dieu. On réalise qu’il existe de belles choses, de la douceur. On est ému, et ces émotions nous mettent en mouvement. Elles nous remuent à l’extérieur de nous-mêmes. |
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