Ulf Ekman : « Je me suis d’abord converti au Christ »

by administrator

Le pasteur évangélique suédois Ulf Ekman, fondateur d’une megachurch, a surpris le monde entier en annonçant sa conversion au catholicisme il y a deux ans. Un itinéraire incroyable, qui n’est pas fini.

Mon père, ouvrier qualifié, lisait énormément. Par son syndicat, il rencontrait souvent des étrangers qu’il invitait à la maison. Très tôt, je me suis donc ouvert au monde extérieur. J’avais alors une expérience très limitée de l’Église luthérienne de Suède, qui était liée à l’État à l’époque et dont faisait partie l’immense majorité des Suédois, croyants ou non. J’y ai été baptisé, mais nous n’y allions que très occasionnellement. Comme mon père, je lisais beaucoup. J’écoutais beaucoup de musique aussi : des Beatles aux Rolling Stones, en passant par Bob Dylan, mais aussi de la musique d’avant-garde qu’on appellera plus tard le hard rock ou le métal. Au lycée, je faisais partie d’un groupe où l’on faisait tout le temps la fête. J’ai vu des amis sombrer dans l’alcoolisme et la toxicomanie. Un de mes amis poètes s’est suicidé. Mais c’est dans ce milieu décadent que j’ai rencontré Jésus. Un de nos amis, Axel, est soudain devenu chrétien. C’était un choc pour nous tous ! Il s’est mis à parler de Jésus publiquement, comme le font les évangéliques. Il voulait prier pour nous. Il était proche du Jesus Movement, un mouvement de réveil qui touchait surtout des hippies américains. J’avais 19 ans. Un jour, c’était le samedi 30 mai 1970, je suis allé le voir chez lui.

J’ai eu peur

Je voulais en savoir plus sur l’une des spécificités du christianisme : le Dieu qui vient jusqu’à nous en Jésus Christ. Axel m’a demandé s’il pouvait prier pour moi. J’ai dit oui, sans savoir pourquoi. C’était un moment extrêmement déstabilisant. J’ai eu peur et suis parti en claquant la porte. Mais le soir même, arrivé chez moi, pour la première fois j’ai prié. Je me suis mis à genoux et j’ai présenté à Dieu le véritable catalogue de péchés qui était le mien. J’ai demandé à Jésus de se révéler s’il existait et d’entrer dans mon cœur, et j’ai senti sa présence. Toute la pression qui pesait sur moi est retombée. Le lendemain, un dimanche, je suis allé pour la première fois depuis ma confirmation au culte luthérien le plus proche. J’ai eu l’impression que le pasteur, qui prêchait sur l’importance de la conversion, parlait de moi. Je n’en revenais pas. Et du jour au lendemain, je n’ai plus eu envie ni de boire, ni de fumer, etc. J’avais changé. Quelques mois plus tard, j’ai quitté ma ville natale pour Uppsala, ville universitaire, pour étudier l’anthropologie sociale, puis l’histoire et les sciences religieuses. Après mon diplôme, j’ai fait de l’évangélisation pendant un an. Et ce n’est qu’après mon service militaire que j’ai décidé de faire des études de théologie. J’ai été ordonné pasteur dans l’Église luthérienne de Suède en 1979. Proche du mouvement charismatique, j’ai d’emblée surpris mes supérieurs, comme aumônier des étudiants, en priant pour les malades et en utilisant des termes comme « baptême dans l’Esprit ». Il y avait à l’époque un mur théologique invisible séparant l’Église luthérienne des « pentecôtisants », que je franchissais allègrement ! J’avais rencontré Birgitta, et nous nous sommes mariés. Au début des années 80, nous nous sommes beaucoup intéressés au réveil charismatique aux États-Unis. J’ai passé un an avec ma famille là-bas, dans une école biblique, car je ressentais fortement les lacunes de ma formation : je n’avais reçu aucun enseignement pratique. En 1983, nous avons fondé une école biblique et en parallèle Livets Ord, « Parole de vie », un nouveau type de paroisse, une base pour les élèves de l’école biblique et pour l’évangélisation. Elle a connu très rapidement une croissance exponentielle. Nous comblions un vide.

Addiction ?

À la suite d’un très long processus, trente et un ans plus tard, le 9 mars 2014, mon épouse et moi-même avons annoncé que nous allions rejoindre l’Église catholique. En tant que prédicateurs et dirigeants, nous connaissions tous les membres actifs soit quelque 3000 personnes (NDLR : Livets Ord compte plus de 200 000 fidèles dans le monde). En faisant cette annonce, j’étais en paix, confiant en Dieu et sûr de ce que je faisais. Pendant des années, j’avais œuvré activement et ouvert notre église à l’œcuménisme. Et à un moment donné, j’ai eu la certitude que la plénitude de l’Église se trouvait dans l’Église catholique.

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