Pourquoi le changement d’heure n’est pas une bonne nouvelle pour tout le monde

by Hélène Bordes

Dans la nuit de samedi à dimanche, votre ordinateur ou votre téléphone se chargeront tout seuls de passer à l’heure d’hiver. En un rien de temps vous aurez réglé votre montre ou l’horloge de la cuisine dès votre réveil… mais pour ce qui est de vous habituer au changement d’heure, c’est une autre histoire.

On doit l’idée du changement d’heure à un célèbre américain, Benjamin Franklin, qui le proposa aux citoyens de Paris en 1794. Tous les regards se tournaient alors vers la patrie des Lumières, terre de grandes innovations mais ceci est une autre histoire… Son principe aurait permis d’économiser l’éclairage : la cire des bougies et le suif des chandelles. En repoussant le coucher du soleil plus tard en été, on retarde en effet le moment où l’on allume les lampes. En hiver, retour à la normale pour ne pas avoir à allumer les lampes trop tôt le matin.
Pas convaincus, les Français n’adoptent le changement d’heure qu’en 1917. Il est abandonné en 1945 puis réintroduit en 1976 par le Président Valéry Giscard d’Estaing au lendemain du choc pétrolier. Son objectif n’a pas changé : économiser l’énergie en réduisant l’éclairage pendant les soirées d’été.
Dans la nuit du dernier week-end d’octobre, nous gagnons donc 60 minutes de sommeil. Une heure de gagnée que nous perdrons le dernier dimanche du mois de mars.
Pratiquement, à partir de dimanche, il fera jour une heure plus tôt (à 7h30 au lieu de 8h30) mais la nuit tombera elle aussi, une heure plus tôt (vers 17h40 au lieu de 18h40).
Au printemps prochain c’est le contraire : lever du soleil à 7h30 au lieu de 6h30 et coucher à 20h20 au lieu de 19h20.
Deux tiers des Français se déclarent «perturbées» par le changement d’heure. Parmi eux, les automobilistes sont les plus concernés. En effet, dans les semaines qui suivent le changement d’heure, la Sécurité routière déplore une hausse des accidents corporels de près de 50% en fin de journée en raison du déficit d’éclairage dans les agglomérations soudain plongées dans l’obscurité plus tôt qu’à l’accoutumée !
Le changement d’heure peut également perturber la synchronisation de notre horloge interne, calée sur le rythme circadien, celui de la lumière naturelle. Il se resynchronise de lui-même mais l’adaptation de ceux qui calent leur réveil sur le soleil, par exemple, devrait prendre quelques jours.
Le gain d’énergie de son côté, est extrêmement marginal : 0,1% de la consommation globale selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie. Si dans toute l’Union européenne, le changement est harmonisé et réglementaire depuis 1998, des voix s’élèvent plus nombreuses chaque année pour obtenir sa suppression déjà effective en Chine ou en Russie.
A choisir, les Français préfèreraient rester à l’heure d’été à une écrasante majorité, ce qui se se conçoit bien dès lors que leur journée de travail en automne s’achève en plein jour ou… à la nuit tombée ! Pour la grasse matinée, dans tous les cas, une seule solution : les doubles rideaux.

Vous aimerez aussi

Vous aimez lire

Renseignez votre adresse email ci-dessous
Vous recevrez ainsi chaque mois L’1visible gratuitement dans votre boîte mail

NON MERCI