Maradona, la « main de Dieu », n’est plus

by Alexandre Meyer

Il avait emmené son équipe nationale sur le plus haute marche du podium lors de la coupe du monde de football en 1986, joué au FC Barcelone puis à Naples. Le footballeur argentin chéri des supporters du monde entier est mort hier à l’âge de 60 ans, rongé par ses démons, épuisé par la boulimie, l’hypertension, une vie de grandeur et de décadence.

PAR A.M.

Né dans un bidonville des faubourgs de Buenos Aires, un temps sous la coupe de la mafia napolitaine, compagnon de Fidel Castro ou d’Hugo Chavez, cocaïnomane notoire, le « Pibe de Oro » (le gosse en or) était aussi détesté qu’adulé.

Joueur inspiré, capable de porter à lui seul et de sublimer les équipes moyennes dans lesquelles il a évolué, il restera l’un des « grands » de l’histoire du football.

Né en 1960, il est repéré 9 ans plus tard par un entraîneur d’Argentinos Juniors, un club professionnel où il montre l’étendue de son talent. À 16 ans, il est sélectionné dans l’équipe nationale et attire les publicitaires. À 18 ans, il est écarté par le sélectionneur et ne dispute pas le mondial de 1978, organisé en Argentine, où l’équipe nationale décroche le premier titre mondial de son histoire.

Un an plus tard, à Tokyo, il emmène l’équipe junior d’Argentine jusqu’au sacre. Passé chez les grands, il disputera sous les couleurs (le bleu et le blanc) 91 matches et marquera 34 buts.

En 1981, il est invité à rejoindre la meilleure équipe de la capitale argentine, River Plate, mais choisit sa rivale : Boca Juniors. Il passe l’année suivante au FC Barcelone. La transaction monstre, de 7 millions de dollars, marque les esprits. Dès 1984, il est pourtant transféré à Naples. Il a 23 ans et restera attaché sept saisons au club. C’est l’apothéose : l’équipe sans palmarès gagne le championnat d’Italie en 1987 puis en 1990 et remporte la coupe de l’UEFA en 1989.

Il mène un championnat mondial sans éclat en 1982 avant d’entrer dans la légende lors de l’édition 1986, au Mexique. Les quarts de finale opposent l’Argentine et l’Angleterre, deux nations ennemies depuis la guerre des Malouines qui les a opposés quatre ans plus tôt. En deuxième mi-temps, Maradona plante le ballon de la tête – et de la main – dans le but anglais. L’arbitre n’a rien vu. C’est la « main de Dieu », dira le joueur. La réplique fera le tour du monde. Un deuxième but, au terme d’un slalom magique de onze secondes, achève les espoirs de l’Angleterre. La sélection argentine fonce vers le titre, c’est la consécration.

Les éditions suivantes, 1990 et 1994 tourneront au calvaire. L’équipe est défaite en finale en Italie en 1990 et il est expulsé quatre ans plus tard des États-Unis à la suite d’un contrôle antidopage positif. Le charme est rompu depuis déjà quelques années. En 1991, alourdi par ses excès, Maradona est impliqué dans une affaire de trafic de stupéfiants entre la France et le sud de l’Italie. Il est contrôlé positif à la cocaïne, suspendu, regagne l’Argentine. Transféré au FC Séville en 1992. C’est la descente aux enfers, ponctuée de suspension, de condamnations, d’overdoses. En 2000, à 40 ans, il rejoint Cuba.

En 2008, il est nommé le temps d’une compétition à la tête de l’équipe nationale d’Argentine, qu’il parvient à qualifier dans la douleur à la Coupe du monde 2010. Il mène ensuite une carrière de technicien qui le verra diriger des clubs de seconde zone à Dubaï, aux Émirats arabes unis, en Biélorussie et au Mexique.

Maradona fait une dernière apparition publique lors d’un match disputé par le plus ancien des clubs argentins, le Gimnasia La Plata dont il est l’entraîneur, soutenu par deux gros-bras comme lors de la plupart de ces dernières années. Hospitalisé trois jours plus tard, il succombera à une crise cardiaque le 25 novembre.

 

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