L’ultimatum lancé à la région autonomiste du Tigré, en Éthiopie, expire aujourd’hui

by Alexandre Meyer

Les dirigeants de la région dissidente sont la cible d’une offensive militaire qui s’intensifie depuis le 4 novembre et sont désormais menacés d’un assaut « impitoyable » par le prix Nobel de la paix Abiy Ahmed, à moins de déposer les armes.

PAR A.M.

L’opération militaire vise au rétablissement de l’état de droit dans une région dissidente et à reprendre les bastions militaires fédéraux dont les hommes du Front populaire de libération du Tigré s’étaient emparés. Les combats auraient déjà causé la mort à plusieurs centaines de personnes, dont de nombreux civils.

Située au nord de ce pays d’Afrique orientale, le long de sa frontière avec l’Érythrée, la région autonomiste a maintenu au printemps un scrutin général qualifié « d’illégitime » par le gouvernement fédéral, dont l’organisation a été repoussée à deux reprises en raison de l’épidémie dans le reste du pays.

La tendance indépendantiste est sortie renforcée des urnes. La possibilité de faire sécession est d’ailleurs prévue par la constitution éthiopienne. Chaque région dispose en effet d’institutions locales.

Le Front populaire de libération du Tigré a mené une longue lutte armée contre l’ancien régime militaro-marxiste, renversé en 1991, avant de contrôler l’appareil politique et sécuritaire du pays pendant près de trente ans.

L’idée même d’une fédération éthiopienne et du vivre-ensemble politique, fermement défendus par le premier ministre Abiy Ahmed depuis son élection en 1998, est en jeu. Retranché au Tigré, le Front s’oppose depuis des mois à la politique unificatrice du premier ministre et veut accélérer l’autonomisation des régions.

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