L’Iran se réveille sous le joug de nouvelles sanctions américaines

by Hélène Bordes

Les Etats-Unis ont frappé l’Iran ce lundi 5 novembre de “sanctions les plus massives jamais imposées” aux dires du Président américain Donald Trump. Il est interdit depuis ce matin au pays de l’Ayatollah Ali Khamenei de proposer son pétrole sur le marché international.

Le coup porté à la Perse par les Etats-Unis est rude. Les ventes de pétrole représentent plus de 70 % des recettes d’exportation et la moitié des ressources budgétaires de l’iran. Il lui faudra désormais proposer son or noir aux seuls acheteurs bénéficiant d’une exemption temporaire délivrée par l’administration Trump : huit pays bénéficieront d’une dérogation et pourront continuer d’acheter du pétrole iranien pendant six mois. La Chine et l’Inde sont aujourd’hui les plus gros acheteurs d’or noir iranien, à hauteur des deux tiers de la production.
Une première salve de sanctions s’était abattue sur le pays e 6 août dernier, visant les secteurs financier et de l’industrie automobile. Les conditions posées au retour à la normale tiennent en peu de points : limitation stricte du programme nucléaire iranien, arrêt du programme des missiles balistiques et des entreprises militaires de Téhéran au Moyen-Orient.
Fort de la dépendance des entreprises mondiales au marché américain et aux échanges commerciaux libellés en dollars, les États-Unis disposent d’un pouvoir de sanction pesant sur tout Etat ou société qui se risquerait à continuer à commercer avec Téhéran.
La levée des sanctions était devenue cruciale pour ce pays dont le peuple gronde et le régime des mollahs, issu de la Révolution islamique de 1979 et accusé de népotisme et de corruption, se cramponne au pouvoir. Le gouvernement du Président modéré Hassan Rohani a tenté en vain de desserrer l’étreinte imposée par Washington. Le guide suprême Khamenei et les Gardiens de la Révolution ont le champs libre pour dénoncer le mauvais traitement infligé à ce pays de cent millions d’habitants par l’occident et tenter de rallier à cette cause une nation en colère.
Sans l’afflux du brut iranien (1,8 million de barils par jour en octobre contre 2,8 en août), la volatilité des cours du pétrole tient désormais aux décisions que prendront l’Arabie saoudite et la Russie, selon qu’elles tiennent les vannes ouvertes au débit actuel ou adoptent d’autres choix stratégiques. Les Etats-Unis pour leur part ont anticipé et accru considérablement leurs capacités de production d’huile de schiste depuis l’été.

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