L’abattage des visons provoque une crise sans précédent au Danemark

by Alexandre Meyer

Premier pays producteur de fourrures de ce petit mammifère, le Danemark a constaté les premiers cas de Covid-19 dans son cheptel de visons en juin. Trois mois plus tard, l’Institut de sérologie d’État tirait la sonnette d’alarme : plusieurs mutations du virus, transmissibles à l’humain, sont apparues. Début novembre, les chercheurs découvrent que l’un des variants pourrait résister à un éventuel vaccin contre le SARS-CoV-2.

PAR A.M.

La première ministre sociale-démocrate, Mette Frederiksen a demandé l’éradication du cheptel le 4 novembre et l’abattage de la totalité des 17 millions de visons danois. Dans les jours qui suivent, les visons sont gazés à la chaîne, y compris dans les fermes saines.

Le 8 novembre, les médias danois affirment que le gouvernement ne dispose pas des bases légales pour imposer l’abattage des animaux non contaminés. Le ministre de l’agriculture, Mogens Jensen, écrit sur le champ aux éleveurs : l’abattage des animaux en bonne santé n’est plus obligatoire mais recommandé.

Le mal est fait : début octobre, six ministères auraient été avertis que la législation n’autorisait pas l’abattage des animaux en bonne santé. Le ministre de l’agriculture, n’en a pas été informé. Il démissionne le 18 novembre mais cela ne suffit pas à éteindre l’incendie.

Le 21 novembre, des centaines d’agriculteurs en colère ont défilé en tracteur dans le centre de la capitale danoise. Le gouvernement social-démocrate, minoritaire, est sur la sellette. Son exercice du pouvoir, jugé trop autoritaire, divise à présent la classe politique.

L’éradication des visons se poursuit, à charge pour l’État de débourser près de 3 milliards d’euros aux éleveurs en compensation.

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