Et si la solution au logement trop cher était le logement social ?

by Hélène Bordes

Une écrasante majorité de cadres de la classe supérieur est tentée par l’exil, les classes moyennes et les jeunes parents désertent les grandes villes européennes et les plus pauvres sont pris à la gorge. Le logement « abordable » est devenu un enjeu de société majeur dans l’Europe entière.

Le défi est européen, toutes les métropoles du continent font face à la pénurie de “logements abordables”. Les classes moyennes et modestes sont écartelées entre leur domicile et leur lieu de travail faute de trouver une place qui ne grèverait pas considérablement leur budget. Faute de place, les loyers flambent jusque dans des villes épargnées jusqu’ici par le phénomène comme Stockholm ou Berlin. La pénurie de logements abordables rend l’accession à la propriété de plus en plus difficile pour les classes moyennes. Fatalement, le taux de propriétaires décroît partout.
La crise de 2008 a échaudé les organismes de prêt et un prudent retrait de l’investissement public, voir la vente du parc social pour renflouer les caisses. Les effets délétères de ses mesures seront difficile à inverser. La production de logements sociaux est restée stable en France mais a décru partout ailleurs.
Si les Britanniques ou les Allemands ont lancé d’ambitieux plans de soutien à la construction et à la rénovation et stimulé l’accession à la propriété par des mesures fiscales radicales, le gouvernement français vient, avec la loi ELAN pour l’évolution du logement, de l’aménagement et du numérique et ses lois de finances, de taxer les bailleurs sociaux à hauteur de 1,5 milliard d’euros, les forçant à vendre du patrimoine pour subvenir aux dépenses ! Dans un récent rapport, la Commission européenne appelle à son tour à renforcer les investissements dans les infrastructures sociales en Europe, invitant les Etats membres à doubler la mise actuelle et préconisant près de 60 milliards d’euros d’investissement par an pendant cinq ans. L’urgence est de mise : la fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail évalue en effet les « coûts sociaux du mal-logement » (maladie, isolement social, déficit d’éducation, etc.) à 194 milliards d’euros par an.

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