En dépit du « deal » conclu avec l’UE, Theresa May plus exposée que jamais

by Hélène Bordes

En plein divorce avec l’Union Européenne, entériné par le vote du pays en faveur du “Brexit”, la Première Ministre britannique doit faire face aux critiques de tous bords et à une véritable fronde au sein de son propre camp alors que les négociations avec les instances européennes se poursuivent.

La Première Ministre semble très inconfortablement assise sur le siège éjectable depuis l’accord arraché sur le Brexit à l’Union Européenne. Le « deal » étant jugé trop conciliant à l’égard de l’UE pour une part importante des anciens soutiens de Theresa May. Dimanche 18 novembre, l’hypothèse de son départ du 10 Downing Street s’est fait plus sérieuse avec la perspective menaçante d’un vote de défiance des députés conservateurs au Parlement britannique. Il suffirait à 48 députés conservateurs de réclamer par lettre un vote de défiance pour qu’il soit organisé avant le sommet de l’UE. L’ancien Premier Ministre Tony Blair, partisan d’un second référendum, n’a pas retenu ses coups contre le texte de l’accord, l’accusant de compromettre l’avenir des Britanniques comme des Européens. Les partisans d’un nouveau vote – antibrexit – et les élus favorables au départ de l’UE, reprochent collectivement à la Première Ministre de maintenir le pays sous la tutelle de l’Europe tout en le privant de pouvoir politique au sein des 27.
A une semaine du sommet européen, dimanche 25, réunissant les Vingt-Sept pour entériner l’accord sur le Brexit, le sort du “deal” paraît donc compromis ou du moins, fragile. En dépit de l’accord formel de son gouvernement sur les conclusions des négociations, Theresa May essuie les critiques de toutes parts. Elle devrait rencontrer rapidement Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, pour faire le point.
Mercredi 14 novembre, la Première Ministre avait annoncé au pays que son gouvernement avait validé l’accord de rupture avec l’Union européenne conclu la veille à Bruxelles, “pour servir au mieux les intérêts du Royaume-Uni tout entier”. Dominic Raab, ministre du Brexit avait rendu son portefeuille le lendemain. Il se pose à présent en principal challenger de Theresa May dans l’hypothèse où elle serait poussée vers la sortie. Son départ suivait de quelques heures la démission du secrétaire d’Etat pour l’Irlande du Nord, en colère contre le régime proposé pour cette province qui constituerait “une véritable menace pour l’intégrité du Royaume-Uni”.
Aujourd’hui, cinq de ses ministres menacent de démissionner si la négociation n’est pas rouverte, ce que l’UE ne devrait pas accepter. L’accord obtenu devant encore recueillir une majorité au Parlement de Westminster en décembre pour entrer en vigueur, le chemin de Croix de la Première Ministre est loin d’être achevé.

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